Part 1 In French (France):
(9/9/00)
Q&R: Une
Interview de l'Imperator Rosicrucien Gary L. Stewart, 1ère partie
:
Procédure
Judiciaire Intentée par l'Ordre Rosicrucien AMORC
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ou Anglais :
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Note: pour une
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________________
Lundi 12 janvier 1987 à 23:26
un sombre nuage vint obscurcir l'horizon de l’Ordre Rosicrucien.
C'était la transition de Ralph M. Lewis, le fils du Dr. H.
Spencer Lewis. Le flambeau et les rênes de cet Ordre furent
transmis vers le nouvel Imperator Gary L. Stewart.
Une annonce fut ainsi libellée:
"Le 23 Janvier 1987, le conseil
d'administration de la Grande Loge Suprême de l’A.M.O.R.C. Inc.,
a confié à Gary L. Stewart la charge d’Imperator de
l'Ordre Rosicrucien A.M.O.R.C., pour succéder à Ralph M.
Lewis. L'installation officielle du nouvel Imperator se
déroulera dans le Temple Suprême à l’occasion de la
cérémonie annuelle de la nouvelle année
rosicrucienne, le vendredi 20 mars 1987, à 20h."
L'annonce informait également
du résultat de deux autres élections : Cecil A. Poole au
poste de vice-président de la Grande Loge Suprême,
Christian Bernard qui en tant que Légat Suprême
intégrait le conseil d'administration de cette même Grande
Loge Suprême. Tout se déroula comme prévu et au
cours d’une solennelle cérémonie mystique, Gary L.
Stewart fut dûment installé Imperator de l'Ordre
Rosicrucien A.M.O.R.C à l’heure et à l'endroit
arrêtés.
Questions
& Réponses : Une interview de l’Imperator Gary L. Stewart
Note : Les dernières
additions faites pour la première et la deuxième parties
(Le cycle de 108 ans, précisions concernant l’organisation).
Une autre question ? Ecrivez-nous
à
RC Q&A
Part One
Ce qui suit est une interview de
l’Imperator Stewart à propos des événements de
1990, interview qui nous fut accordée voici quelques mois. Les
questions sont celles qui sont le plus fréquemment posées
par ceux qui demandent la version de l’Imperator Stewart sur ce qui
s'est produit. Nous avons retranscrit scrupuleusement les
réponses de l’Imperator Stewart sans leur soumettre la moindre
révision.
1. Q — Imperator Stewart, quand
vous avez-vous appris que vous étiez en course pour le poste
d'Imperator ?
R — Je l’ai su en 1984
quand Ralph Lewis m'a signifié qu’il avait fixé son choix
sur ma personne, ce à peu près au moment où il m'a
nommé Grand Maître. Quand Raymond Bernard a
démissionné du conseil en 1986, lui et Christian Bernard
savaient déjà que Ralph m'avait choisi pour être
son successeur. Raymond suggéra que je le remplace au conseil
et incita Ralph à rendre son choix public.
2. Q — Ralph Lewis a-t-il
jamais fait cette annonce ?
R — Non. Ralph n’adhérait pas
à l’idée de rendre ce choix public, pour la bonne raison
qu'il voulait pouvoir encore changer d’avis, mais il a accepté
par contre de m’admettre au sein du conseil.
3. Q — Selon vous, Imperator
Stewart, pourquoi Ralph Lewis vous a-t-il choisi plutôt que
Christian Bernard ou quelqu’un d'autre ?
R — Dans l'esprit de Ralph, il n'y
avait pas d’équivoque. Ralph n'a jamais envisagé que
Christian puisse assumer la charge d’Imperator dans la mesure où
il ne lui faisait pas entière confiance de la même
manière qu’il n’a certainement jamais pensé que Christian
puisse un jour répondre aux obligations doctrinales et rituelles
de cette fonction. Cependant, Ralph souhaitait vraiment voir Christian
rejoindre le conseil et à ce titre il fit de lui un membre ex-officio
à la même occasion que celle de mon élection au
Conseil Suprême.
4. Q — Pour quelle raison
pensez-vous que Ralph Lewis n'a pas fait confiance à Christian
Bernard ?
R — En 1986, quand Raymond Bernard a
démissionné du conseil, lui et Christian ont voulu que
Ralph et moi nous nous rendions en France pour une réunion
secrète. C'est à ce moment-là que Ralph m'a
avoué qu’il suspectait une manoeuvre et qu’il soupçonnait
les grands maîtres européens de vouloir le forcer à
démissionner. Quoi qu'il en soit, Ralph a refusé d'aller
en France pour le cas où quelque événement se
produirait à San Jose durant son absence et il m'envoya pour le
représenter. Christian et Raymond voulaient tenter un mini coup
d’état et exigèrent que Arthur Piepenbrink et Burnam
Schaa soient virés.
5. Q — Une question très
importante, Imperator Stewart, en deux parties : une rumeur veut que
Ralph Lewis ait décidé de remettre sa retraite à
plus tard parce qu’il ne voulait pas de Bernard au poste d’Imperator,
et malgré cela, Christian Bernard est aujourd’hui le chef
suprême de l’A.M.O.R.C. Pouvez-vous nous faire état des
réflexions que cela vous inspire ?
R — Sans problème. La fonction
d’Imperator est une fonction ad vitam où il ne saurait donc
être question de retraite. Ralph Lewis n’a à aucun moment
envisagé de renoncer à son mandat et pour répondre
à votre seconde question, je dirai que le titre d’Imperator est
une question de conviction. Christian, pour décrocher cette
position, dût dissoudre l’A.M.O.R.C. originel et en
redémarrer un nouveau à l’étranger pendant que
tout le monde était enferré dans un imbroglio juridique.
Plus précisément il dût dissoudre la Grande Loge
Suprême et abroger la constitution de l’A.M.O.R.C. pour
redéfinir le bureau comme rien de moins qu’une "CEO"
subordonnée aux Grands Maîtres. Ainsi, on peut constater
que je n’ai jamais été destitué en tant
qu’Imperator de l’A.M.O.R.C. mais en tant que président et
dirigeant de société. l’A.M.O.R.C. a concacré sept
mois et 2,5 millions de dollars de frais de justice pour s’entendre dire
par la Cour que le président (c’est-à-dire l’Imperator
puisque ce mot a été redéfini pour signifier
« Président ») d’une société peut
être destitué sur simple vote majoritaire de son Conseil
d’Administration, ce qui était déjà le cas et
constituait un point que je n’ai jamais contesté. Ce qu’il
fallait en fait trancher c’était de savoir si la fonction
traditionnelle de l’Imperator pouvait selon les mêmes
modalités être retirée à celui à qui
elle avait été confiée. Si l’on se
réfère à la constitution originelle de
l’A.M.O.R.C., on apprend que l’Imperator ne peut être
révoqué que pour avoir été convaincu de
quelque crime démontrant de sa part de la turpitude morale et
uniquement après qu’un Tribunal Rosicrucien aura
siégé pour examiner l’affaire. Conséquemment, la
Cour n’a jamais rendu de verdict en ce qui concerne notre
fonctionnement traditionnel mais a rendu son arrêt en
considérant notre fonctionnement comme celui d’une simple
société. Qu’on le veuille ou non Christian Bernard est
donc « l’Imperator » d’une société
fondée en 1991 tandis que je suis pour ma part l’Imperator d’un
lignage rosicrucien qui se manifesta au travers de l’A.M.O.R.C. de 1915
à 1990 et qui désormais s’exprime par le biais de la
Confraternité de la Rose+Croix (CR+C).
6. Q — De par votre position
d’Imperator, n’avez-vous rien vu venir de cette machination ?
R — Je me doutais bien de quelque
chose de ce genre, et ce dès 1982. Je savais que quelque chose
se mijotait mais je ne pouvais pas dire quoi exactement. Sans doute
que si je m’étais impliqué davantage dans les intrigues
politiques et l’atmosphère de défiance qui
prévalait alors, aurais-je pu contrôler la situation. Mais
agir de la sorte eût été contraire à ma
nature profonde aussi bien que conteproductif pour ce qui concerne ma
mission d’Imperator.
7. Q — Quand avez vous pris
conscience des troubles qui agitaient la scène en 1990 ?
R — Pour ces événements
que je soupçonnais, je pensais bien qu’il allait se passer
quelque chose, mais pas avant le mois de novembre de l’année
1990. Je m’attendais à ce que les juridictions française,
allemande et nordique manoeuvrent pour obtenir leur indépendance
et à ce qu’ils tentent de rallier les juridictions
néerlandaise et portugaise à cette cause. Mais concernant
ce qui s’est passé en avril 1990 (référence
à la procédure en civil contre l’Imperator Stewart)
c’était plus une tentative désespérée pour
essayer en dernier recours de dissimuler que j’avais découvert
« accidentellement » une invraisemblable hémorragie
de sommes versées en don à l’A.M.O.R.C. par certains de
nos plus généreux bienfaiteurs, assortie d‘une magouille
fiscale et de pots-de-vin versés à quelques officiers.
Autrement dit, je décrouvais avec hébétude le
détournement de millions de dollars. Si j’avais admis que ces
fraudes se poursuivaient réellement, je serais allé
immédiatement au F.B.I. Cependant, j’ai mis du temps à
l’admettre. Je préfèrais penser qu’il s’agissait
plutôt d’incompétence notoire.
8. Q — Imperator Stewart, vous
avez déclaré plus haut que l’A.M.O.R.C. était
considérée dorénavant comme une
société et qu’elle avait dépensé 1,2
millions de dollars pour qu’il en soit ainsi. Est-ce que ceci n’a pas
eu quelque conséquence sur la qualité de membre au sein
de cette association et ne l’a-t-elle pas amené à
redéfinir sa structure et son statut juridiques ?
R — La question «
membre/non-membre » s’est fait jour suite à la
procédure judiciaire initiée en 1990. Mais , comme vous
devez le savoir, l’administration mit fin à la qualification
d’association à but non lucratif en 1979
[Référence : anciens statuts de l’A.M.O.R.C., tels ceux
de 1976] quand après avoir observé l’A.M.O.R.C. elle
l’identifia comme étant un musée, et l’entrée de
ce musée étant à l’époque gratuite, elle
requalifia l’A.M.O.R.C. en association d’utilité publique afin
de se conformer aux nouvelles législations. Il en
informèrent l’A.M.O.R.C. par courrier non sans avoir
précisé qu’il était possible de contester cette
nouvelle donne dans la mesure où nous l’aurions estimée
abusive. Piepenbrink reçut la lettre, se gratta le crâne,
haussa les épaules et classa le courrier sans en informer
quiconque. Quand j’ai rejoint le bureau en 1986, j’ai découvert
la lettre et j’ai soulevé le lièvre, mettant en
évidence que nous n’étions pas correctement
répertoriés par l’administration IRS, et j’entamai une
action pour y remédier. Du reste, quand se produisirent les
événements de 1990, il était
préférable, dans la perspective d’une procédure
judiciaire, d’être considéré comme association
d’utilité publique plutôt que comme une organisation
traditionnelle dans la mesure où dans ce dernier cas, la
fonction d’ « Imperator » eût signifié quelque
chose [Réf. Statuts de l’A.M.O.R.C. 23/04/1990]. En tout cas,
sur recommandation d’un conseiller juridique, ils voulaient s’assurer
que la Cour constate que l’A.M.O.R.C. ne possédait aucun membre.
A titre d’éclaircissement, la somme de 1,2 millions de dollars
représente les fonds que nous avions transférés
sur le compte de la Grande Loge des pays de langue française,
argent qui devait être consacré à l’acquisition
d’une propriété au Canada où nous projetions de
bâtir un lieu de retraite.Ces 1,2 millions de dollars n’entraient
que pour partie dans le financement de ce projet car Christian Bernard
disposait d’autres ressources qu’il investissait parallèlement.
Quant à savoir combien il a coûté exactement
à Christian Bernard de dissoudre la Grande Loge Suprême et
d’en établir une nouvelle sur ce domaine canadien, je n’en ai
pas la moindre idée.
9. Q — Donc en substance, vous
êtes en train de nous dire que selon l’IRS, l’A.M.O.R.C.
était considérée n’avoir aucun membre et qu’elle
était répertoriée depuis 1979 non plus comme
organisation fraternelle, mais comme une société
d’utilité publique ?
R — Tout à fait, mais il y a
plus que cela. Aux yeux de l’I.R.S., l’A.M.O.R.C. était avant
tout un musée en raison de quoi on lui attribua le statut 501
(c) 3 des associations d’utilité publique. Si la Grande Loge
Suprême avait pris le temps d’étudier la lettre de
l’administration et d’analyser les possibilités qu’offraient les
différentes options de déclaration plutôt que de la
classer sans suite, elle aurait fait corriger cette classification
erronnée. Il n’y avait aucune volonté de la part de la
Grande Loge Suprême d’aboutir à un tel classement inexact
-il n’accordèrent simplement pas beaucoup d’attention à
tout cela et probablement n’en saisissait pas tous les enjeux.
Par contre, dans la reclassification
de 1990, il y eut une intention définie d’être
classé comme une organisation d’utilité publique et une
intention définie de stipuler qu’il n’y avait pas
d’adhérents. En fait, avant la reclassification par Christian et
consorts, la remise en question de l’existence de membres au sein de
l’A.M.O.R.C. eût été incongrue dans la mesure
où il apparaissait de façon flagrante dans les
constitutions des Grandes Loges et de la Grande Loge Suprême que
ces juridictions de l’A.M.O.R.C. comptaient bien des membres.
De plus, l’IRS ne se
préoccupait guère de savoir si les effectifs des membres
étaient de trois ou d’un million dans la mesure où cela
n’avait aucune influence sur leur classification. Par contre, cela
avait des conséquences quant au rapport qu’entretiennent ces
membres avec les organes de prises de décision. En fait, nous
avons travaillé de 1986 à 1990 à conformer de
nouveau notre fonctionnement à celui d’un ordre fraternel, qui
correspondrait au statut 501 (c) 10. Après 1990, l’A.M.O.R.C.
« nouvelle mouture », quant à elle, a essayé
d’exploiter l’erreur de classification pour obtenir le contrôle
légal de l’association.
Mais franchement, à mon avis,
le véritable objectif était en fait d’affaiblir la Grande
Loge la plus puissante—celle des pays de langue anglaise—et
mettre ses membres sous l’éteignoir [Réf :
Anciens/Nouveaux statuts de l’A.M.O.R.C. 4/90]. A l’occasion d’une
réunion de travail, le nouveau bureau a défini en 1991
les critères qui permettent la constitution d’une Grande Loge. Il
fut décidé que ces paramètres tiendraient compte
dorénavant du nombre des membres et non plus de la langue qu’ils
parlent. Si ma mémoire m’est fidèle, je crois qu’ils
décidèrent que tout pays comptant au moins 2000 membres
pourrait prétendre devenir une Grande Loge. Ce qui est
intéressant en fait c’est que cela ne s’est appliqué
à l’évidence qu’à la juridiction anglaise qui se
scinda alors en trois grandes loges : Nord Américaine,
Britannique (incluant le Ghana et le Nigéria) et Australasienne.
Ce qui était un et puissant est aujourd’hui affaibli par la
division. Vous ne trouverez pas de semblable démembrement dans
les juridictions française et autres…
10. Q — Est-ce que les membres,
si tant est que ce terme soit désormais approprié, ont
été informés de tout cela soit avant, soit
après 1990 ?
R — Pas à ma connaissance.
Après 1991, j’ignore si les adhérents ont
été informés de cette question. Mais avant 1990,
nous n’aurions su diffuser une telle information puisque le
problème ne se posait pas. Même si l’A.M.O.R.C. a
été enregistrée de façon abusive en 1979
parmi les association d’utilité publique, cela n’a pas
été fait intentionnellement, et tout le monde savait que
nous étions un Ordre fraternel dont ceux qui acquittaient la
cotisation étaient membres à part entière.
11. Q — Revenons à
l’incompétence notoire que vous aviez découverte et si
vous le voulez poursuivez le récit des événement
qui suivirent. 1) [Référence : jugement d’«
incompétence notoire »] 2) [Référence :
Projet d’une ouverture de compte en Andorre] 3)
[Référence : Lettre de l’A.M.O.R.C. à ses nouveaux
membres]. ?
R — Juste avant la réunion du
bureau en 1990, Christian Bernard soumis la proposition suivante : que
nous lui allouions une somme de 1,2 millions de dollars (ou une somme
de cet ordre) pour qu’il puisse acheter la propriété du
Québec, destinée officiellement à la contruction
d’un lieu rosicrucien de retraite. Dans la mesure où les fonds
qu’il réclamait étaient des sommes versées
à la Grande Loge Suprême par la Grande Loge
française, nous avons accepté. Jusqu’en 1990 (j’ignore ce
que prévoit la législation française aujourd’hui)
les citoyens et les associations françaises n’avaient pas le
droit d’avoir de compte en Suisse. Malgré tout, l’A.M.O.R.C.
maintenait un compte suisse où les membres helvétiques
versaient leurs cotisations. Deux fois par an, la Grande Loge des pays
de langue française devait nous envoyer leur rapport financier,
et jamais le chapitre de ce compte ne fut crédité de plus
de 20 000$, du moins était-ce ce qui était
indiqué. Quoi qu’il en soit, c’était sur ce compte que
nous étions supposés transférer l’argent
évoqué, mais environ une heure après qu’il m’eut
faxé le numéro de compte, Christian m’a rappelé
pour me dire qu’il avait commis une erreur et communiqué un
numéro incorrect. Nous avons transféré les fonds
sur un nouveau numéro, qui après vérification,
s’est avéré absent de notre liste de comptes A.M.O.R.C.
En fait, le premier numéro qu’il nous avait envoyé
était bien celui du compte A.M.O.R.C. Je crois que c’est deux
jours plus tard que j’ai décidé de vérifier de
quoi il retournait, après tout, personne en pleine possession de
ses moyens n’en viendrait à commettre une erreur sur un
numéro de compte en banque. Comme j’étais signataire du
compte suisse A.M.O.R.C., et que les deux comptes étaient
enregistrés dans la même banque, j’ai câblé
à la banque une demande de solde pour les deux comptes. Ils
répondirent que le compte A.M.O.R.C. était
crédité de 4 millions de dollars, quand nous pensions
qu’il n’y en avait que 20 000, mais ils ne purent me communiquer
d’information à propos du second compte, celui où j’avais
fait viré les 1,2 millions de dollars, dans la mesure où
cela n’était pas un compte A.M.O.R.C. et que je n’en
détenais pas la signature.
Visiblement, ils ont dû avertir
Christian que j’enquêtais, car quelques jours plus tard, quand il
a rejoint San José pour la réunion du bureau, il
m'à rejoint dès son arrivée et s’est montré
passablement contrarié par le fait que j’aie pu tenté
« d’accéder » à son compte (en d’autres
termes le bohnomme me confirmait que l’autre compte était le
sien). Quoi qu’il en soit, je lui ai signalé que son compte et
le compte de l’A.M.O.R.C. étaient illégaux et je lui ai
donné un mois pour tout remettre en ordre. Peter Bindon
était avec moi lorsque nous avons eu cette conversation.
C’était le 18 mars 1990 et je savais que la brèche ne
tarderait pas s’élargir. Ce que je n’ai appris que bien plus
tard, c’est que Christian et Donna O’Neill ont passé cette
semaine à San Francisco pour engager un cabinet juridique. Ce
que je m’imaginais qu’il allait se passer c’était qu’au cours de
la réunion des Grands Maîtres qui devait avoir lieu
à Edimbourg, serait décidé d’élargir le
bureau de la Grande Loge Suprême et qu’un ou deux Grands
Maîtres en profiteraient pour soumettre une requête pour
devenir indépendants, ce dont je ne me préoccupais
guère puisque nous détenions les titres de
propriété de tous les immeubles où étaient
installés les différentes Grandes Loges. Je n’aurais eu
aucun problème à les faire fléchir avec quelques
ordonnances de destitution. [Référence : jugement
« d’incompétence notoire »].
12. Q — On a raconté
bien des choses à propos de la Principauté d’Andorre et
de l’état de Pennsylvanie et des raisons qui vous ont
poussé à y transférer de l’argent. Il semble qu’il
s’agisse du motif ou en tout état de cause de la raison de la
poursuite judiciaire. Imperator Stewart, pourriez-vous nous expliquer
ce qu’il en était exactement et pourquoi cela était si
important [aller à : Evénements ayant hâté
l’accusation de détournement d’argent].
R — Bien sûr...Ce n’est pas
très exact de dire que j’ai personnellement
transféré de l’argent en Andorre. Il convient
plutôt de dire que la Grande Loge Suprême a
trasféré cet argent sur un compte de la Grande Loge
Suprême en Andorre et que j’ai été l’officier qui a
autorisé cette transaction particulière. La
procédure de départ tentait de démontrer que
j’avais agi de ma propre initiative, sans l’approbation ni
décision du Bureau, et que j’avais tenté de
détourné ces fonds. La vérité, c’est que ce
transfert s’est effectué avec l’approbation de chaque membre du
bureau qui en était dûment informé.Un transfert
d’un compte A.M.O.R.C. à un autre ne nécessitait pas de
motion du bureau. Cependant, si nous avions dû dépenser
cet argent, un telle motion eût été requise mais en
l’occurrence rien de cet argent n’était encore
dépensé.
Quoi qu’il en soit, le compte
d’Andorre était ouvert au nom de la « Gran Logia Suprema
» (traduction espagnole de Suprême Grande Loge) et les
titulaires en étaient les officiers de la Grande Loge
Suprême. Le projet était qu’après que le compte eut
été ouvert, la Grande Loge Suprême établisse
une filiale en utilisant une partie de l’argent qui y aurait
été déposé, pour un montant fixé par
une décision du bureau, afin d’établir une Grande Loge
des pays de langue espagnole en Espagne. L’avantage d’une implantation
de la Grande Loge Hispannique en Espagne était qu’elle
permettait d’améliorer l’administation des membres dans tous les
pays de langue espagnole. Les accords commerciaux entre l’Espagne et
l’Amérique du Sud auraient pu permettre d’expédier les
monographies dans tous ces pays sans être astreint aux
différentes taxes sans compter d’autres avantages comme ceux
liés à l’imprimerie, etc. Nous aurions alors
été à même de fixer le taux des cotisations
en fonction des différentes économies nationales
plutôt qu’à partir de la seule économie
américaine.
L’avantage de disposer d’un compte
dans une banque Andorréenne tenait au taux
d’intérêt proposés et du fait qu’en Andorre il est
possible de régler les transactions avec de nombreuses devises
qui n’ont pas cours aux U.S.A. ou dans d’autres pays. Ainsi, il nous
était impossible de collecter les cotisations de nos membres du
Ghana en raisons des restrictions imposées par la
législation monétaire de ce pays. Par contre, les accords
bancaires contractés entre le Ghana et la Principauté
d’Andorre auraient autorisé un échange en toute
légalité. Bien sûr, j’ai simplifié quelque
peu la situation, mais vous devez savoir qu’en 1990 l’Ordre comptait
environ 300 comptes en banque un peu partout dans le monde, comme je
suis sûr que c’est encore le cas aujourd’hui. Quotidiennement,
nous transférions de l’argent entre ces différents
comptes. Mais cette fois là, l’occasion était trop belle
pour tenter un « coup d’état »…
En ce qui concerne la Pennsylvanie,
nous avions à l’unanimité pris la décision de
faire de Nelson Harrison notre consultant financier, à
l’occasion de la réunion annuelle du Bureau de la Grande Loge
Suprême en mars 1990. Nous l’avions déjà
engagé à titre provisoire en février et il nous
avait alors aidé à réorganiser nos finances. Par
le biais de son agence-conseil (installée en Pennsylanie) nous
négociions une révision du package pour nos membres
incluant entre autres une assurance maladie, une offre de carte de
crédit, etc. En avril, lorsque nous avons
transféré les 3 millions de dollars en Principauté
d’Andorre, nous avons transféré également 500 000
dollars qui représentaient des émoluments et le
financement du projet. Sans que que je l’aie su à
l’époque, en février, Burnam Schaa leur avait fait un
versement de 250 000 dollars. Cela est important dans le contexte des
poursuites judiciaires dans la mesure ou j’ai été
accusé d’avoir effectué ce versement et ce n’est pas
avant 1993, quand l’A.M.O.R.C. a été poursuivie pour
fraude en assurance comme faisant suite à la poursuite
judiciaire, que les documents démontrant que Burnam Schaa avait
autorisé le transfert refirent surface. [Référence
: INS Assurance re Négociations]. Or, lorsque on transfère
des fonds de Californie en Europe, ceux-ci doivent demeurer une nuit
entière dans une banque de la côte Est, pour des questions
de décalage horaire, avant que le transfert ne soit effectif.
Comme nous devions de toute manière transférer les 500
000 dollars en Pennsylvanie , nous décidâmes de faire
transiter durant la nuit les 3 millions de dollars par le même
compte.
13. Q — Imperator Stewart, Au
point où nous en sommes, une question nous vient à
l’esprit à laquelle nous vous serions reconnaissants de
répondre : avez-vous été surpris lorsque on vous
notifié votre assignation à comparaître ou bien
vous doutiez-vous que vous feriez l’objet d’une poursuite judiciaire ?
R — "Ce fut une surprise !
J’étais sensé me rendre à Fresno pour le Vendredi
Saint et y rester jusqu’à Pâques, ce que je n’ai pas fait.
Je me suis rendu à mon travail ce matin là (le Parc de
San José était fermé) et quelques minutes
après que je sois arrivé le fax s’est mis à
crépiter : c’était l’avoué de Christian Bernard
qui m’informait de l’audition de l’après-midi. Ils
prétendirent qu’ils avaient essayé de me contacter chez
moi, etc. mais ce n’était pas vrai. Quoi qu’il en soit, ce qui
arriva fut que je parvins à me trouver un avocat pour me
représenter à l’audition et que la décision de
m'imposer un "temporary restraining order" (meusure interdisant
à titre conservatoire à une personne la
fréquentation d'un lieu, d'un tiers, l'exercice d'une fonction,
jusqu'à ce que le jugement définitif soit rendu) fut
renvoyée au lundi suivant. Tout le monde fut surpris de ce qui
se passa ce lundi. Ils obtinrent ce "temporary restraining order"
parce que mes avocats ne se présentèrent pas. Je ne pense
pas qu’ils aient jamais envisagé ni même ourdi le moindre
plan pour m’évincer du « Parc ». Je pense qu’ils ne
voulaient rien d’autre que créer la confusion avec ce chambard
juridique afin d’en tirer profit. Mais non, je n’ai jamais eu la
moindre connaissance d’une pousuite judiciaire et rien ne la laissait
présager avant mon assignation à comparaître
signifiée quatre heures avant l’audition. Toutefois, la
procédure avait été préparée environ
deux semaines avant qu’elle ne soit déclenchée, soit
avant même que l’argent ne soit transféré en
Andorre, même si tout le monde savait qu’il devait l’être.
14. Q — Si quelqu’un
désirait pousser son investigation en la matière plus
loin que ce que vous venez de déclarer, que lui
conseilleriez-vous de faire d’autre que de se procurer de son
côté les procès-verbaux du tribunal comme il l’a
été fait ici ?
R — Dans ce cas particulier, je peux
simplement vous donner ma propre version de l’histoire, mais
j’encourage tout la monde à s’enquérir de celle des
autres protagonistes si jamais ils y parviennent. Ceux qui sont
suceptibles d’être au fait de cette histoire (en tant que
témoins directs) sont pour l’A.M.O.R.C : Christian Bernard,
Burnam Schaa, Wilhelm Raab, Irving Sunderland, Charles Parucker et
Donna O’Neill. Toute autre personne ne peut vous communiquer qu’au
mieux un témoignage « de seconde main », une version
« autorisée » ou bien fondée sur des
hypothèses toutes subjectives.
15. Q — Pourquoi rencontre-t-on
tant de répugnance à aborder ce problème de la
part de l’A.M.O.R.C. et pourquoi d’après vous tant
d’inquiétude y est-elle attachée ?
R — Je pense que l’agressivité
que vous et d’autres pouvez noter à l’A.M.O.R.C. est
certainement liée, non pas tant à une volonté
délibérée de leur part d’intimidation, qu’à
la tentative d’un petit nombre de masquer leur propre ignorance ou leur
crainte de ne pouvoir répondre de façon satisfaisante et
exhaustive à ceux qui exigent des explications. Selon moi, les
canons du mysticisme exigent qu’il soit répondu sans restriction
à qui est suffisamment informé pour poser des questions.
Cette réponse ne fait pas allusion à ce que l’A.M.O.R.C.
rechigne à discuter de la poursuite judiciaire, mais plus
généralement qu’elle répugne à
répondre aux questions doctrinales que ses propres membres
peuvent lui poser. Cette question a été soulevée
par quelqu’un qui affirmait que beaucoup de personnes ressentaient les
réponses qu’on apportait aux questions qu’elles avaient
posées comme intimidatrices.
Concernant les réponses
apportées par l’AMORC aux questions afférentes à
la poursuite judiciaire, si je m’en rapporte à ce que j’en ai
appris les quelques années passées, l’ignorance le
dispute à la défiance. Il y a là un
indéniable intention de désinformer. Ainsi, en 1992,
Kristie Knutsen a envoyé une lettre addressée aux membres
de sa juridiction où elle leur rapportait que, moins de cinq ans
auparavant, la Grande Loge des Pays de Langue anglaise comptait 70 000
membres et que suite à la poursuite judiciaire elle en avait
perdu la moitié. En fait, de 1980 à 1990 les effectifs des
membres de la juridiction anglaise sont restés relativement
stables, entre 34 à 36 mille. Il y eut une époque—977-1978
si je me souviens bien —où ces effectifs
décollèrent littéralement pour atteindre les 70
000, mais cela coïncidait avec le succès rencontré
par l’avénement du New-Age commercial. Ou encore, dans une
autre lettre, Kristie Knutson écrivit qu’en mars (1992)
l’A.M.O.R.C. me fit la proposition d’abandonner la
contre-procédure que j’avais engagé à son encontre
et que j’avais accepté sans émettre la moindre
contestation. En fait, [Référence à : Lettre de
Gary Lee Stewart du 29/06/1993] j’avais donné la consigne
à mon avoué dès novembre 1991 de laisser tomber ma
contre-procédure puisque je n’avais pas l’intention de la
poursuivre, et le 7 janvier 1992 cette procédure fut donc
abandonnée sur ma propre instigation [Référence :
lettre aux nouveaux membres de l’A.M.O.R.C. en 1999]. De la même
façon,Wilhelm Raab dans des lettres adressées aux membres
de la hiérarchie de sa juridiction, déclarait que j’avais
été reconnu coupable de 80 chefs criminels d’accusation
et que j’avais à ce titre fait de la prison... Ce type de
réponses n’est pas rédigé avec l’intention
d’entretenir la crainte ni ne sont le résultat de l’ignorance
mais renvoient plutôt à une volonté de s’assurer la
sympathie et/ou de regonfler le moral des troupes par le biais de la
désinformation.
Quoi qu’il en soit, tout rosicrucien
se doit de chercher la vérité et pour ce faire, il doit
pouvoir accéder, soit à une information impartiale, soit
à plusieurs interprétations contradictoires qui lui
permettront finalement de se forger une opinion en toute conscience. Il
semble que nous sommes en présence d’une nouvelle
génération de rosicruciens qui apprennent seulement
maintenant ce qui est arrivé aux rosicruciens voilà huit
ans, et, ce qu’on comprend aisément, ils exigent une information
vérifiable. Votre site a au moins le mérite de leur
fournir les documents légaux, les décisions de justice et
des interviews qui les aideront à se forger leur opinion. Il a
pour le moins une indéniable valeur historique, mais je pense
que sa portée va bien au-delà. Les plus anciens le savent
bien, mais on ne saurait trop insister sur ce point pour ce qui
concerne ceux qui viennent de découvrir ces
événements : il n’est pas si important de savoir quel
camp choisira tel ou tel rosicrucien dans ce dilemme. Mais ce qui est
important c’est qu’il comprenne les divers tenants et aboutissants de
sorte qu’il puisse faire taire tous ses doutes, car notre Œuvre ne
consiste pas à se chamailler mais consiste en une Quête
spirituelle. Je ne peux parler que pour moi-même et qu’à
l’aune de ma compréhension et de mes opinions. Avec un peu de
chance, tous ceux qui me liront le comprendront. En dernière
analyse, on mesure la valeur d’un individu non à ses paroles
mais à ses actes.
16. Q — Certaines personnes
considèrent la poursuite judiciaire et ses conséquences
comme un coup monté. En diriez-vous autant ?
R — C’était bien ce que
c’était. A la base il s’agissait pour les Grands Officiers
européens de parvenir à ce que l'Ordre « retourne
» en Europe. Pour certains d’entre eux il était
inconcevable qu’un américain puisse être mystique, et
encore moins Imperator. Voilà la raison pour laquelle la
juridiction AMORC qui comptait le plus de membres fut scindée en
trois juridicitions plus petites. Soit dit en passant cette opinion
avait déjà cours à la fin des années 70, et
pas plus tard qu’en 1982 Ralph pensait que les officiers
européens pourraient fomenter un coup contre lui..Nous avions
parlé de cette possibilité à plusieurs reprises et
quand cette menace à semblé s'éloigner, j'ai
estimé qu'il était bien plus important de faire ce qui
était nécessaire que de jouer le machiavel de la
spiritualité.
17. Q— Il semble qu’il existe
des divergences d’interprétation du sens à accorder au
titre d’imperator ainsi qu’il apparaît dans l’ordonnance du
tribunal rendue à l’issue du procès. Pouvez-vous nous les
expliquer ?
R — L’AMORC, au tribunal, a
défini le terme Imperator comme étant une
dénomination rosicrucienne officielle signifiant «
président de société ». Ils rompaient ainsi
avec les aspects traditionnels attachés à cette fonction
et par la même occasion réduisait celui qui porte ce titre
à un vulgaire homme de paille. De notre côté nous
(OMCE & CR+C) maintenons en la matière la tradition
originelle [Références : 1) minutes du procès, 2)
coupures de journaux du 27/8/90, 3) coupures de journaux du 20/11/90]
[Référence/Retour à : Lettre de l’AMORC à
ses nouveaux membres : La cour tranchant en faveur de l’AMORC]
18. Q — Est-il vrai que qu’il y
a eu refonte de l’A.M.O.R.C. en une nouvelle société ?
R — Oui et personne n’était
informé, pas même la cour, que l’ancienne A.M.O.R.C.
était dissoute et qu’une nouvelle avait été
constituée au Canada en janvier 1991. Ce n’est pas avant mai
1993, quand la cour signifié à l’A.M.O.R.C. que le
litige devait être maintenant tranché , que tout le monde
découvrit le fin mot de l’histoire. La société en
place actuellement à San José, la Grande Loge des pays de
langue anglaise, a également été
déclarée en janvier 1991.[Référence :
articles de la Constitution de la Grande Loge des pays de langue
anglaise enregistrée le 21/08/1990].
19. Q — Une question a
été soulevée concernant les différences qui
existent entre les monographies diffusées par la CR+C
(Confraternité de la Rose+Croix) et celles diffusées par
l’A.M.O.R.C. Pourriez-vous nous donner une idée de la nature de
ces différences.
R— Pour ce qui concerne l’A.M.O.R.C.,
l’essentiel de l’édition des monographies originelles a pris
place du début au milieu des années 30 lorsque
l’A.M.O.R.C. commença à priviligier ses membres du
sanctum sur ceux de ses organismes affiliés. Les monographies
originelles (écrites de 1915 à 1924) étaient
rédigées pour être lues à haute voix aux
membres réunis dans des loges et n’étaient pas
conçues pour être lues chez soi (les membres ne recevaient
pas de copies des enseignements, seul le Maître de la Loge en
recevait). La section des membres du Sanctum ne fut pas ouverte avant
1924 et encore, à titre expérimental. Cela prit environ
dix ans pour supprimer la structure de fonctionnement par Loge et la
remplacer par la section des membres du Sanctum.
Suite à cela, l’édition
des monographie commença apparemment par adapter la formulation
du texte des monographies à une lecture individuelle, pour soi,
et non plus à une lecture magistrale du Maître de Loge. En
d’autres termes, là où dans les monographies on trouvait
: « Maintenant, le Maître de Loge doit inviter à
débattre de ce point particulier… » on trouvait
désormais : « Maintenant, vous devez reformuler dans votre
propre langage ce que vous venez de lire et en prendre note… ».
Malheureusement, ce travail de réécriture fut
délégué à d’autres que Harvey Spencer
Lewis, occupé quant à lui à l’écriture de
nouvelles monographies. Ensuite ces modifications prirent des
proportions telles, les éditeurs n’ayant pas fait leur cette
maxime que « si ce n’est pas cassé, ne t’avise pas
d’essayer de le réparer » et un rien d’arrogance
s’étant instillé dans leur travail de
réécriture, qu’il ne fallut pas attendre longtemps pour
que les pensées de H.S.Lewis deviennent complètement
obscures, voire qu’elles se trouvent contredites. Le CR+C
[Confraternité de la Rose+Croix] utilise des monographies datant
de 1915 à 1934 et vous seriez surpris de constater combien elles
sont différentes de celles diffusées dès 1940.
20. Q — Après toutes ces
batailles juridique et finalement le renvoi de toutes les charges que
l’on vous imputait, détenez-vous légalement les droits
des monographies originelles ?
R — Constitutionnellement et
Traditionellement, les prérogatives de l’Impérator
s’étendent à tout le domaine doctrinal et rituel. Tout ce
que je peux posséder à ce titre appartient de plein droit
à la charge qui est la mienne. C’est Ralph qui me l’a transmis
et je le transmettrai à mon tour, le moment venu, à mon
successeur. Vous devez garder à l’esprit que l’A.M.O.R.C. tel
qu’il existe actuellement n’est pas l’A.M.O.R.C. d'avant 1990. Les
monographies diffusées par cette association ne sont pas celles
d’Harvey Spencer Lewis et furent préparées dès
1982 sous l’autorité de Christian et ont été
copyrightées sous l’égide du nouvel A.M.O.R.C. Les droits
qu’ils détiennent à cet égard ont
été acquis après 1990 et nombreux sont les droits
d’auteurs quand dépit de leurs déclarations ils ne
possèdent pas. Les monographies qui appartiennent exclusivement
aux domaines doctrinal et rituel sont à ce titre l’apanage de
l’Imperator. Mais rappelez-vous que je ne diffuse pas les mêmes
monographies que l’A.M.O.R.C. qui n’ont été
diffusées qu’après 1990 [Référence : Lettre
de Kristie Knutson 5/92, Partie 19].
Les droits des monographies
rédigées par le Dr. Lewis et de celles écrites
plus tard par Ralph Lewis n’ont jamais été
rétrocédés à la Grand Loge Suprême
parce qu’elles étaient supposées rester la
propriété de l’Imperator qui en assume la
responsabilité. Autrement dit, elle se transmettent d’Imperator
à Imperator ainsi que le veut la Tradition. C’est probablement
la raison pour laquelle, à la différence de Christian
Bernard, je diffuse les monographies originelles. Aujourd’hui,
Christian a dû faire copyrighter ses propres monographies au nom
de la Grande Loge Suprême sachant qu’en France les droits
d’auteur sont la propriété de l’institution qui publie et
non de l’auteur. Quand à savoir s’il l’a effectivement fait et
pourquoi, je ne peux pas vous le dire…
21. Q — Pourquoi alors les
monographies de l’A.M.O.R.C. stipulent-elles toujours que cette
association en détient le copyright et qu'elles doivent
impérativement être retournées au siège de
l’Ordre au cas où l’un de ses membres interrompt son affiliation
?
R — Je présume que les
nouvelles monographies le font parce que… les anciennes le faisaient.
Mais dans la mesure où l’A.M.O.R.C. actuel est enregistré
sous la catégorie 501 (c) 3 des associations d’utilité
publique, comme organisation qui se propose d’informer le public de ce
qu’est le rosicrucianisme, il n’y a plus aucun moyen d'empêcher
qui que ce soit de conserver ses monographies après avoir
démissionné de l’Ordre. S’ils s’étaient
déclarés sous la rubrique 501 (c) 10 comme un Ordre
fraternel, il leur serait possible de faire respecter cette obligation.
Mais ils en ont décidé autrement, et j’ai beau retourner
le problème dans tous les sens, je ne comprends pas pourquoi ils
n’ont pas décider de s’enregistrer comme Ordre fraternel comme
le permet l’IRS. »
22. Q — Après la
procédure de 1990 et finalement le renvoi le 10 août 1993
de la plainte déposée contre vous, n’avez-vous pas,
toujours fort de votre titre d’Impérator, rejoint les rangs du
groupe Ancient Rosae Crucis désigné par les initiales
A.R.C., et pourquoi ?
R — Je ne me suis jamais
réellement associé à l’A.R.C. Cette association
avait été formée essentiellement pour fournir
leurs monographies à ceux des membres de l’A.M.O.R.C. qui
avaient démissionné de cette organisation en raison des
événements de 1990. Ensuite, cette structure s’est de sa
propre initiative muée en Ordre et on m’a demandé d’en
être l’Imperator. J’étais prêt à accepter
sous réserve que l’A.R.C. se plie à un certaint nombre de
critères. Aucun de ces critères ne fut jamais
respecté et lorsque les époux Paul Walden et Ashley
McFadden mirent à exécution leur plan pour s’emparer du
pouvoir, j’en ai conclu qu’ils n’en feraient jamais qu’à leur
tête et donc je les ai quittés pour démarrer la
CR+C connue aujourd’hui comme la Confraternité de la Rose+Croix.
23. Q — Qu’avaient donc
projeté M. Walden et Mrs. McFadden pour que vous décidiez
de les quitter ?
R — Paul et Ashley projetèrent
de s’assurer le contrôle de la majorité du bureau de
l’A.R.C. (pour l’anecdote je n’ai jamais été l’un des
membres de ce bureau) et accusèrent deux membres d’être
déloyaux envers l’A.R.C. Paul convoqua alors une
assemblée extraordinaire du bureau qui devait se tenir au
même moment qu’une autre de l’O.M.C.E. à Philadelphie et
arguant du fait que ces deux membres évoqués plus haut ne
s’étaient pas présentés, on décida de les
exclure du bureau de l’A.R.C. Toutefois, cette manoeuvre ne tourna pas
à leur avantage. L’A.R.C. perdit près de 180 membres
suite à cette manigance, sur les quelques 200 qu’il comptait
auparavant. Comme je l’ai dit, je n’ai jamais été
véritablement affilié à l’A.R.C. J’étais
d’accord pour travailler avec eux et les soutenir le temps qu’ils
soient à même d’établir des conditions garantissant
les mêmes privilèges à tout affilié,
quelque soit sa nationalité et sans autre discrimination. En
fait, l’A.R.C. voulait être exclusivement américain et
principalement chrétien.
24. Q — Corrigez-moi si je me
trompe, mais doit-on comprendre que l’A.R.C. diffuse aujourd’hui les
monographies originelles d’Harvey Spencer Lewis ?
R— L’A.R.C. ne diffuse pas les
monographies originelles d’H.S. Lewis. Ils utilisent un pot-pourri de
monographies éditées par l’A.M.O.R.C. de 1950 aux
années 80 - mais la plupart du temps il s’agit de celles
imprimées par l’A.M.O.R.C. de 1975 à 1980. Près de
cent personnes aidaient à saisir le texte des monographies sur
l’ordinateur d’Ashley, dont un certain nombre participent aujourd’hui
au « Rosicrucian Free Speech Forum » [Note du traducteur :
il s’agit d’un forum rosicrucien de discussion animé par
LindaSantucci, webmestre de ce présent site « AMORC 1990
REORGANIZATION].
25. Q — Ce dont nous aimerions
entendre parler maintenant c’est de l’épilogue canadien de cette
histoire et ce qu’il est advenu de ce projet de « lieu de
retraite » qui avait été soumis.
R — Je n’en sais pas grand chose dans
la mesure où l’acquisition de la propriété, etc.,
s’est passée après que la procédure judiciaire eut
commencé. D’après ce que je peux savoir, ce lieu de
retraite existe encore. En été de l’année 1990 un
membre canadien francophone m’a contacté et envoyé une
copie de l’acte notarié de propriété, mais je n’ai
plus ce document en ma possession. D’après ce document qui me
fut envoyé, c’est une société (qui n’était
pas l’A.M.O.R.C.) qui s’était portée acquéreuse de
la propriété, société qui était
contrôlée par Christian, sa femme et une tierce personne
qui résidait au Québec. Quand j’ai pris connaissance de
ce document je me rappelle avoir pensé que certains
étaient en train de se bâtir leur petit empire. J’ai
trouvé qu’il était un peu paradoxal d’avoir
été celui accusé de détournement de fonds.
26. Q — Après
près de trois ans d’audiences et l’intervention de tant
d’avocats qui a démarché l’autre pour obtenir une
conciliation et pourquoi ?
R — C’est l’avoué de
l’A.M.O.R.C. qui en a pris l’initiative [Référence :
lettre du 27/5/1993 de l’avocat Peteros]. Quant à savoir
pourquoi, il semble que ce soit parce que la cour a demandé
à l’AMORC de porter l’affaire devant les tribunaux ou bien de
renoncer parce qu’ils voulaient en finir une bonne fois pour toute.
Mais il semble qu’il y ait plus que cela. Un mois avant que j’aie
été contacté par l’avocat de l’A.M.O.R.C. pour
trouver un règlement amiable, une autre société
juridique (Wallace B. Adams de San Francisco) qui représentait
les intérêts de l’une des compagnies d’assurance de
l’A.M.O.R.C. m’affrêta un avion pour San Francisco où on
m’interrogea durant trois jours. D’après ce que j’ai pu
comprendre, ils envisageaient de déposer une plainte contre
l’A.M.O.R.C. pour fraude à l’assurance dans le cadre d'une
affaire liée directement au procès qui m’était
intenté par l’A.M.O.R.C. [Référence : lettre du
27/5/1993 de l’avocat Peteros]. Pour faire un résumé de
ce qui est une longue histoire, la société juridique
décida de déposer plainte contre l’A.M.O.R.C., fit
enregistrer les premières pièces (elles sont accessibles
car du domaine public) et peu de temps après, tout
s’arrêta soudainement. Je ne connais pas le détail des
arrangements contractés entre l’A.M.O.R.C et sa compagnie
d’assurance, mais ce que je sais c’est que l’A.M.O.R.C. a dû
payer pour que la plainte soit abandonnée.
27. Q — Est-ce-qu’à un
quelconque moment la Cour aurait fait la remarque qu’il n’y avait aucun
motif à poursuivre cette procédure ou en d’autres termes
que la procédure était sans fondement, et pourquoi ?
R — Je ne me rappelle pas qu’une telle
remarque ait été jamais été
prononcée par la Cour, et si jamais elle l’a été
ce n’a pas été en ma présence. Mais je ne pense
pas que la Cour se soit soucié un seul instant de savoir si la
poursuite était maintenue ou abandonnée. La seule chose
qui les préoccupait était de pouvoir libérer leur
bureau qu’elle encombrait depuis trois ans et où elle collectait
la poussière (en ce qui concerne la Cour, il y a eu une intense
activité parmi les juristes durant toute la durée de la
procédure). Concernant un avis stipulant « une carence de
charges ne permettant pas la poursuite de la procédure »,
c’est ce qu’en fait signifie le jugement de « rejet avec
préjudice » (dismissal with prejudice),
c’est-à-dire que l’affaire ne pourra jamais plus être
portée devant les tribunaux. Ce n’est pas la Cour qui a pris
cette décision, elle n’a fait que l’enregistrer d’un coup de
tampon. Le « rejet avec préjudice » a
été conclu suite à une transaction des partis, et
en dépit que chacun ait pu continuer ou non à penser que
l’autre était coupable, nous avons décidé de ne
plus jamais porter cette affaire en justice. Quand à savoir si
la suite était ou non sans fondement, oui elle l’était,
mais vous ne pouvez pas vraiment dire que la Cour a rendu un tel
verdict. Quoi qu’il en soit, elle était complètement
dénuée de fondement et d’après moi c’est pour
cela que l’A.M.O.R.C. n’a jamais porté l’affaire devant les
tribunaux et n’a jamais vraiment envisagé de le faire. Pourquoi
cette plainte était-elle dénuée de fondement ?
tout simplement parce que je n’ai jamais rien commis des faits dont
j’étais accusé. Personnellement, je pense que le type de
plainte déposée contre moi le laisse apparaître
clairement : il s’agissait d’une plainte au civil et non pas criminelle.
28. Q — Imperator Stewart, la
rumeur a circulé que l’A.M.O.R.C. aurait convoqué en 1993
« un conseil interne de révision » pour dresser le
bilan de la situation ; que la conclusion à laquelle ils sont
parvenus, c’est qu’ils devaient bien s’avouer, à l’abri des
oreilles indiscrètes, que les accusations portées contre
vous, l’Impérator, étaient dénuées de
fondement et qu’eux, le Bureau, vous avaient injustement exclu.
Pourriez-vous s’il-vous-plaît commenter cette allégation ?
R — Je suis à peu près
sûr que ce que vous avez entendu était une rumeur, mais
dans la mesure où je n’étais plus partie prenante dans
l’A.M.O.R.C. à cette époque, je ne peux pas affirmer avec
une absolue certitude qu’un tel « conseil en révision
» n’a pas été convoqué. Quoi qu’il en soit,
si c’est le cas, c’est la première fois que j’en entends parler.
Je suis prêt à mettre ma main à couper que le bruit
d’un tel conseil qui a circulé à cette époque
dérive de la réunion qu’ont eu les dirigeants de
l’A.M.O.R.C.avec leurs avocats en raison de ce qui était les
derniers événements. La Cour avait fixé la date du
procès au mois de Juin 1993 ; La compagnie d’assurance
préparait une action en réparation de fraude à
l’assurance ; je suis persuadé que les avocats de l’A.M.O.R.C.
sont venus les voir pour leur dire que mon accusation était sans
fondement, et qu’un arrangement avec tous les partis concernés
était la meilleure option. Mais qu’ils puissent s’être
réunis dans le but de déterminer s’ils m’avaient exclu
à juste titre, ce n’est que mon humble avis, mais je n’en crois
rien. Ils savaient déjà que leurs accusations
étaient sans fondement, du moins en ce qui concerne Christian
qui s’était fait un devoir de me dire la veille de
l’enregistrement de la plainte (le Jeudi 12 avril 1990) que ni lui ni
aucun Grand Maître ne pensaient que j’étais coupable du
moindre méfait.Quand il m’a dit cela, les histoires du
détournement et autres, n’étaient pas d’actualité
et je n’ai pas compris pourquoi il me disait cela. Pour finir, il me
semble donc un peu aberrant qu’ils aient convoqué un tel conseil
pour une question dont ils connaissaient déjà la
réponse.
29. Q — Imperator Stewart,
pouvez-vous nous dire quelque chose au sujet de la
cérémonie d’installation de Christian Bernard ?
R — Je ne sais rien de très
précis de cette cérémonie si ce n’est que celle
qui a été utilisée n’est pas celle écrite
par Ralph Lewis. Pourquoi Christian a-t-il décidé de ne
pas utiliser le rituel de Ralph Lewis ? Voilà ce que j’ignore.
Concernant le rituel utilisé pour installer Christian, je me
suis laissé dire par un des administrateurs de la Grande Loge
Suprême, qui assume encore cette responsabilité, que
Christian Bernard avait demandé à Martin Mueller (un
rosicrucien allemand réputé qui est le successeur d’Emile
Dantinne—plus connu sous le nom de Sar Hieronymus) de
diriger cette installation. Je me suis également laissé
dire que M. Mueller avait refusé. Mais, comme je l’ai dit, je
n’ai pas moi-même pu vérifier ces affirmations, je ne peux
que m’appuyer sur ce qu’on m’a rapporté.
En dépit de cela, je suis
fondé à penser (si j’en crois toujours la même
source que celle citée plus haut) que la
cérémonie d’installation qui finalement fut
organisée pour l’installation de Christian a été
écrite par le Grand Maître pour les pays de langue
germanique, Wilhelm Raab. D’après ce que je peux comprendre,
cette cérémonie a été rédigée
par Wilhelm, mais on doit noter que Wilhelm Raab a subi une attaque
cardiaque à l’époque de l’installation, et que, par
suite, il n’a pu conduire la cérémonie. On m’a dit que
c’était Irving Sunderland qui l’avait remplacé pour la
cérémonie d’installation de Christian.
30. Q — Est-ce vrai que vous,
Imperator Stewart, vous avez excommunié tous les membres du
conseil d’administration le 12 avril 1990 ?
R — C’est complètement faux. Si
ma mémoire ne me trahit pas, les membres du bureau m’ont
d’ailleurs exclu plus tard dans la journée, ou le jour suivant.
Ce que j’ai plutôt essayé de faire ce jour-là c’est
d’abroger la décision prise plus tôt dans la
journée d’étendre le Conseil d’Administration à
tous les Grands Maîtres et de revenir à la composition
classique de cinq membres du bureau. Je ne voulais pas les
démettre de leur fonction de Grand Maître ni de leur
qualité de membre - ce qu’aurait signifié une
excommunication - mais seulement de leur fonction de membres du Conseil
d’administration. J’avais cependant mis fin à l’emploi de Burnam
Schaa et de Warren Russef, sans les avoir excommuniés pour
autant. D’après le statuts, un membre de la Grande Loge
Suprême devait aussi être un membre de l’A.M.O.R.C. de
bonne réputation. Les aurais-je excommuniés, et mis fin
par là-même à leur affiliation, qu’ils n’auraient
plus pu être membre du Conseil d’Administration. On m’a dit que
cela serait porté devant les tribunaux. De toute façon
j’ai décidé de n’en rien faire car j’ai estimé
qu’une telle action marquerait un abus de pouvoir de ma part dans la
mesure où mon intention n’était pas de retirer la
qualité de membre à qui que ce soit ni sa fonction de
Grand Maître. Autrement dit, je ne voulais pas exercer mon
pouvoir pour servir des convenances personnelles...
31. Q — Imperator Stewart, le
mois dernier (Novembre 1998) à l’occasion d’un forum durant la
Convention de l’A.M.O.R.C. au Brésil, le Grand Maître
Charles Parucker a dit que l’une des raisons pour laquelle le Conseil
d’Administration vous avait exclu, était que vous vouliez qu’un
néophyte se charge de la direction de la Grand Loge Espagnole,
et que le Conseil s’est refusé à cette décision.
Pouvez-vous s'il-vous-plait commenter cette allégation et
l’éclaircir davantage pour chacun d’entre-nous ?
R — Pour autant que je sache, les
raisons pour lesquelles ils ont proposé mon éviction
furent exposées dans la plainte déposée
auprès de la Cour Supérieure de San José en
Californie, et tiennent à de supposés
détournements et à des accusations connexes. Même si
j’ai appris, après que j’eus nommé le nouveau Grand
Maître et que sa nomination eut été unanimement
entérinée par les membres du Bureau, qu’il y avait
quelques contestations de mon choix parmi certains des Grands
Maîtres, je ne pense pas que ce problème ait
été la raison de mon éviction, une excuse
à la rigueur, mais pas la raison. Je pense que l’explication
invoquée par Charles est plus une tentative de justifier des
actions passées qu’autre chose, du fait que toutes les
accusations qui avaient pu être portées à la
connaissance de la Cour ont été rejetées.
Quoi qu’il en soit, pour
répondre aux déclarations de Charles, la personne
à qui il fait référence et qu’il accuse d’avoir
été un néophyte à cette époque est
le Dr. Antonio de Nicholas. Antonio était titulaire d’une chaire
de philosophie à l’Université Stonybrook de New-York,
avant de renoncer à ce poste pour mettre ses compétences
au service de l’A.M.O.R.C.
A cette époque, il avait
déjà consacré trente ans à arpenter le
chemin de la spiritualité et avait publié pas moins de 17
livres sur divers sujets incluant les pratiques et disciplines
spirituelles, la philosophie et la poésie. Même s’il
n’était membre de l’A.M.O.R.C. que depuis tout juste un an
lorsque je l’ai nommé Grand Maître de la Grande Loge des
Pays de Langue Espagnole, on peut difficilement prétendre qu’il
était un néophyte dans quelque domaine hormis la
durée de ses cotisations à l’A.M.O.R.C. Il était
versé dans le rosicrucianisme - historiquement,
philosophiquement, mystiquement et en pratique - même si son
expérience du rosicrucianisme n’était pas le fruit de
l’A.M.O.R.C. ni d’une autre organisation rosicrucienne connue. Mais ni
Raymund Andrea ni les autres Grands Maîtres des premières
heures de l’A.M.O.R.C. ne pouvaient eux-mêmes justifier d’une
telle expérience quand ils furent nommés à leur
fonction. C’est dire que lorsque H. Spencer Lewis nomma Andrea, Grand
Maître pour l’Angleterre, on aurait pu très bien
démontrer qu’il était également un néophyte
puisqu’il avait été fait membre en même temps que
Grand Maître. Contrairement à ce que Charles (Parucker) et
peut-être d’autres dirigeants de l’A.M.O.R.C. pourraient penser,
les critères qui président au choix d’un responsable se
fondent sur la valeur de l’expérience et les compétences
et non pas uniquement le nombre d’années pendant lesquelles cette
personne a payé ses cotisations.
De la même manière, vous
remarquerez que le Dr. Lewis lui-même fut nommé Grand
Maître pratiquement le même jour où il devint
rosicrucien - et ce en raison de ses compétences.
Comme je l’ai déclaré
plus haut, contrairement à l’affirmation de Charles Parucker
comme quoi le bureau de l’A.M.O.R.C. désapprouvait ma nomination
d’Antonio de Nicholas comme Grand Maître de la Grande Loge
Espagnole, ils l’ont pourtant vraiment approuvée et je suppose
que s’il pensait que cela était important au point d’oser une
telle déclaration, il se serait consciencieusement
attaché à donner plus de détails et
d’éclaircissements quant à ce qu’il voulait dire et au
contexte dans lequel il parlait. Peut-être Charles ne
reconnaît-il pas la légitimité du
précédent Bureau de l’A.M.O.R.C. qui a existé de
1915 à avril 1990 et qui fut toujours constitué de cinq
membres, mais peu importe qu’il le reconnaisse ou non, c’est ce bureau
qui a approuvé ma nomination. J’ai nommé Antonio Grand
Maître au début du mois de mars de l’année 1990 et
à notre réunion annuelle du bureau de la Grande Loge
Suprême qui chaque année se tenait aux alentours de la
Fête de la Nouvelle Année Rosicrucienne, mon choix fut
unanimement approuvé par les membres du bureau qui à
cette époque se composait de moi-même, Christian Bernard
(qui était également Grand Maître), Peter Bindon,
Warren Russef et Burnam Schaa. Chacun d’entre-eux approuva cette
nomination sans jamais émettre l’ombre d’une objection ou
afficher la moindre inquiétude.
Par conséquent prétendre
que le bureau ait contesté ma décision et que cela fut
une des raisons de mon éviction est tout simplement inexact. Par
contre, certains des Grands Maîtres (à l’exception notable
de Christian Bernard qui était déjà membre du
bureau où il avait voté en faveur d’Antonio) ne voulait
pas d’Antonio comme Grand Maître comme je le découvris
après coup lors de la réunion annuelle des Grands
Maîtres qui se tint à Edinburgh au début du mois
d’avril. Wilhelm Raab fut le plus disert sur ce sujet.
Néanmoins, lorsque nous avons
ajourné la réunion d’Edimbourg en faveur d’une
réunion exceptionnelle de la Grande Loge Suprême à
San José, la question de la nomination d’Antonio a
été abordée lors de la réunion
exceptionnelle du bureau qui faisait suite à son
élargissement à tous les Grands Maîtres et ceux-ci
proposèrent une motion de destitution d’Antonio de sa fonction
de Grand Maître qui fut entérinée. Mais je ne pense
pas que la véritable raison de leur volonté de le voir
évincé tenait à son statut de «
néophyte ».En fait, je pense que les raisons
réelles étaient au contraire liées à leur
jalousie (voire leur crainte) des talents et de l’expérience
d’Antonio. Antonio parle plusieurs langues dont le latin dans lequel la
plupart des premiers textes rosicruciens ont été
écrits, c’est un professeur de philosophie, très
versé dans les disciplines spirituelles, doué pour les
affaires, etc..En d’autres termes, il était assurément
(et est encore) plus que compétent et apte à devenir
Grand Maître.
En tout état de cause, comme on
peut le constater, il y a beaucoup à raconter sur ce qui s’est
passé, et il est du devoir de chaque rosicrucien qui
s’intéresse à ce sujet, quelle que puisse être son
affiliation, de chercher l’avis et les points de vue de tous les
protagonistes.
32. Q — Qu’est-il advenu
du Dr. Nicholas ? A-t-il rejoint les rangs du CR+C, ou est-il
resté à l’A.M.O.R.C. ?
R — Il a été exclu de
l’A.M.O.R.C. et convoqué comme accusé dans le cadre de la
plainte qu’ils déposèrent, la même que celle
où j’étais impliquée. Actuellement, il est
à nos côtés au CR+C et je le reconnais toujours
comme Grand Maître, même si cette fonction n’a pas cours
à l’heure actuelle dans notre organisation.
33. Q — On a pas parfois
parlé d'une lettre que vous auriez rédigée et
où vous nommiez votre successeur à la fonction
d'Imperator alors que vous étiez associé à
l'A.R.C. (Ancient Rosae Crucis) —Si une telle information est
fondée, pourriez vous nous expliquez ce que cette lettre
prévoyait en matière de succession à la charge
d'Imperator ?
R — "Ralph Lewis m'avait
conseillé de toujours laisser des instructions pour le cas
où je devrais connaître un mort prématurée.
Au fil des ans, Ralph avait lui-même rédigé une
série de lettres à cet effet, toute nouvelle lettre
annulant les dispositions de la précédentes ; quand je
suis devenu Imperator en 1987, j'ai aussitôt adopté la
même pratique. Paul Walden était le seconde personne que
j'avais désignée de la sorte, et dans le même
courrier, j'avais précisé qu'en cas où il
refuserait de me succéder après ma mort
prématurée, il pourrait choisir soit Ashley ou encore
trois ou quatre autres individus qui me paraissaient qualifiés.
A cette époque, ma préférence allait à
Ashley, mais j'ai noté que dans la copie que Walden a
diffusée, et à laquelle vous faites allusion, les autres
noms que j'avais retenus ont été caviardés.
Mais ceci de toutes façons n'a
pas grand intérêt dans la mesure où le 1er
décembre 1994, devant témoins—et soit plus d'un an
avant le schisme d'avec l'A.R.C. —j'ai désigné
d'autres successeurs dans une lettre qui annulait celle où
j'avais désigné Paul et Ashley. Cette décision
était on ne peu plus réfléchie et répondait
à la nécessité de les connaître un peu
mieux, et à ma découverte que Paul était "d'une
franchise relative" quant à ses réalisations. Mais, en
dehors de toutes ces considérations, ma lettre n'avait de valeur
et de sens que dans le cas d'une mort prématurée—à
l'instar de celles de Ralph Lewis—Il s'agit en quelque sorte
d'un testament, dont il ne viendrait à l'idée de personne
de penser que les dispositioons puissent être
exécutées avant la mort de son rédacteur,
autrement dit pour mon cas qu'on nomme mon successeur alors que je suis
toujours vivant.
Je suggère à ceux qui
espèreraient démontrer que j'ai renoncé à
ma fonction d'Imperator, en se basant pour ce faire sur une lettre
destinée à exprimer mes dernières volontés
en cas de mort prématurée, de s'associer, tant qu'ils y
sont, à ceux qui prétendent que je n'ai jamais
été Imperator...
34. Q — Les lettres qui ont été
diffusées par Paul Walden de l'A.R.C., et supposées
écrites de votre main, contenaient-elles leur texte intégral,
sans modifications ni transformations ? Ou certaines de leurs parties
étaient-elles "contrefaites" ?
R — Walden a diffusé des
copies de cette lettre auprès d'un certain nombre de personnes,
voilà quelques années, afin qu'elles lui confirment
si ses actions étaient ou non justifiées. Naturellement,
plusieurs de ces personnes m'ont envoyé une copie de ces courriers
qui leur avaient été envoyés, où, plus
intéressant, Walden avait également pris l'initiative
de censurer certains paragraphes qu'il savait aller à l'encontre
des buts qu'il poursuivait. Par un heureux hasard, la(es) lettre(s)à
laquelle vous faites référence est une de ces copies
censurées.
Cette interview pourra être
complété si d'éventuelles nouvelles questions
nous sont soumises.
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