© Traduction : Cénacle de la Rose+Croix
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Ordre Rosicrucien AMORC vs.
l'Imperator Gary L. Stewart

Réorganisation Rosicrucienne 1990 : Q&R
(Questions et Réponses)

[Rosicrucian Reorganization 1990: Q&A Part 1 - French]

De la transition d'un Imperator Rosicrucien et
des événements qui s'en suivirent









Cross of the Rosicrucian Brethren

Part 1 In French (France): (9/9/00)

Q&R: Une Interview de l'Imperator Rosicrucien Gary L. Stewart, 1ère partie :
Procédure Judiciaire Intentée par l'Ordre Rosicrucien AMORC

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German Translation:  Interview 1 - AMORC vs. Gary L. Stewart
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Note: pour une impression de la première partie dl'interview de GLS, Cliquez ICI

________________

Lundi 12 janvier 1987 à 23:26 un sombre nuage vint obscurcir l'horizon de l’Ordre Rosicrucien. C'était la transition de Ralph M. Lewis, le fils du Dr. H. Spencer Lewis. Le flambeau et les rênes de cet Ordre furent transmis vers le nouvel Imperator Gary L. Stewart.

Une annonce fut ainsi libellée:

"Le 23 Janvier 1987, le conseil d'administration de la Grande Loge Suprême de l’A.M.O.R.C. Inc., a confié à Gary L. Stewart la charge d’Imperator de l'Ordre Rosicrucien A.M.O.R.C., pour succéder à Ralph M. Lewis. L'installation officielle du nouvel Imperator se déroulera dans le Temple Suprême à l’occasion de la cérémonie annuelle de la nouvelle année rosicrucienne, le vendredi 20 mars 1987, à 20h."

L'annonce informait également du résultat de deux autres élections : Cecil A. Poole au poste de vice-président de la Grande Loge Suprême, Christian Bernard qui en tant que Légat Suprême intégrait le conseil d'administration de cette même Grande Loge Suprême. Tout se déroula comme prévu et au cours d’une solennelle cérémonie mystique, Gary L. Stewart fut dûment installé Imperator de l'Ordre Rosicrucien A.M.O.R.C à l’heure et à l'endroit arrêtés.

Questions & Réponses : Une interview de l’Imperator Gary L. Stewart

Note : Les dernières additions faites pour la première et la deuxième parties (Le cycle de 108 ans, précisions concernant l’organisation).

Une autre question ? Ecrivez-nous à
RC Q&A

Part One

Ce qui suit est une interview de l’Imperator Stewart à propos des événements de 1990, interview qui nous fut accordée voici quelques mois. Les questions sont celles qui sont le plus fréquemment posées par ceux qui demandent la version de l’Imperator Stewart sur ce qui s'est produit. Nous avons retranscrit scrupuleusement les réponses de l’Imperator Stewart sans leur soumettre la moindre révision.

1. Q — Imperator Stewart, quand vous avez-vous appris que vous étiez en course pour le poste d'Imperator ?

R Je l’ai su en 1984 quand Ralph Lewis m'a signifié qu’il avait fixé son choix sur ma personne, ce à peu près au moment où il m'a nommé Grand Maître. Quand Raymond Bernard a démissionné du conseil en 1986, lui et Christian Bernard savaient déjà que Ralph m'avait choisi pour être son successeur. Raymond suggéra que je le remplace au conseil et incita Ralph à rendre son choix public.

2. Q — Ralph Lewis a-t-il jamais fait cette annonce ?

R — Non. Ralph n’adhérait pas à l’idée de rendre ce choix public, pour la bonne raison qu'il voulait pouvoir encore changer d’avis, mais il a accepté par contre de m’admettre au sein du conseil.

3. Q — Selon vous, Imperator Stewart, pourquoi Ralph Lewis vous a-t-il choisi plutôt que Christian Bernard ou quelqu’un d'autre ?

R — Dans l'esprit de Ralph, il n'y avait pas d’équivoque. Ralph n'a jamais envisagé que Christian puisse assumer la charge d’Imperator dans la mesure où il ne lui faisait pas entière confiance de la même manière qu’il n’a certainement jamais pensé que Christian puisse un jour répondre aux obligations doctrinales et rituelles de cette fonction. Cependant, Ralph souhaitait vraiment voir Christian rejoindre le conseil et à ce titre il fit de lui un membre ex-officio à la même occasion que celle de mon élection au Conseil Suprême.

4. Q — Pour quelle raison pensez-vous que Ralph Lewis n'a pas fait confiance à Christian Bernard ?

R — En 1986, quand Raymond Bernard a démissionné du conseil, lui et Christian ont voulu que Ralph et moi nous nous rendions en France pour une réunion secrète. C'est à ce moment-là que Ralph m'a avoué qu’il suspectait une manoeuvre et qu’il soupçonnait les grands maîtres européens de vouloir le forcer à démissionner. Quoi qu'il en soit, Ralph a refusé d'aller en France pour le cas où quelque événement se produirait à San Jose durant son absence et il m'envoya pour le représenter. Christian et Raymond voulaient tenter un mini coup d’état et exigèrent que Arthur Piepenbrink et Burnam Schaa soient virés.

5. Q — Une question très importante, Imperator Stewart, en deux parties : une rumeur veut que Ralph Lewis ait décidé de remettre sa retraite à plus tard parce qu’il ne voulait pas de Bernard au poste d’Imperator, et malgré cela, Christian Bernard est aujourd’hui le chef suprême de l’A.M.O.R.C. Pouvez-vous nous faire état des réflexions que cela vous inspire ?

R — Sans problème. La fonction d’Imperator est une fonction ad vitam où il ne saurait donc être question de retraite. Ralph Lewis n’a à aucun moment envisagé de renoncer à son mandat et pour répondre à votre seconde question, je dirai que le titre d’Imperator est une question de conviction. Christian, pour décrocher cette position, dût dissoudre l’A.M.O.R.C. originel et en redémarrer un nouveau à l’étranger pendant que tout le monde était enferré dans un imbroglio juridique. Plus précisément il dût dissoudre la Grande Loge Suprême et abroger la constitution de l’A.M.O.R.C. pour redéfinir le bureau comme rien de moins qu’une "CEO" subordonnée aux Grands Maîtres. Ainsi, on peut constater que je n’ai jamais été destitué en tant qu’Imperator de l’A.M.O.R.C. mais en tant que président et dirigeant de société. l’A.M.O.R.C. a concacré sept mois et 2,5 millions de dollars de frais de justice pour s’entendre dire par la Cour que le président (c’est-à-dire l’Imperator puisque ce mot a été redéfini pour signifier « Président ») d’une société peut être destitué sur simple vote majoritaire de son Conseil d’Administration, ce qui était déjà le cas et constituait un point que je n’ai jamais contesté. Ce qu’il fallait en fait trancher c’était de savoir si la fonction traditionnelle de l’Imperator pouvait selon les mêmes modalités être retirée à celui à qui elle avait été confiée. Si l’on se réfère à la constitution originelle de l’A.M.O.R.C., on apprend que l’Imperator ne peut être révoqué que pour avoir été convaincu de quelque crime démontrant de sa part de la turpitude morale et uniquement après qu’un Tribunal Rosicrucien aura siégé pour examiner l’affaire. Conséquemment, la Cour n’a jamais rendu de verdict en ce qui concerne notre fonctionnement traditionnel mais a rendu son arrêt en considérant notre fonctionnement comme celui d’une simple société. Qu’on le veuille ou non Christian Bernard est donc « l’Imperator » d’une société fondée en 1991 tandis que je suis pour ma part l’Imperator d’un lignage rosicrucien qui se manifesta au travers de l’A.M.O.R.C. de 1915 à 1990 et qui désormais s’exprime par le biais de la Confraternité de la Rose+Croix (CR+C).

6. Q — De par votre position d’Imperator, n’avez-vous rien vu venir de cette machination ?

R — Je me doutais bien de quelque chose de ce genre, et ce dès 1982. Je savais que quelque chose se mijotait mais je ne pouvais pas dire quoi exactement. Sans doute que si je m’étais impliqué davantage dans les intrigues politiques et l’atmosphère de défiance qui prévalait alors, aurais-je pu contrôler la situation. Mais agir de la sorte eût été contraire à ma nature profonde aussi bien que conteproductif pour ce qui concerne ma mission d’Imperator.

7. Q — Quand avez vous pris conscience des troubles qui agitaient la scène en 1990 ?

R — Pour ces événements que je soupçonnais, je pensais bien qu’il allait se passer quelque chose, mais pas avant le mois de novembre de l’année 1990. Je m’attendais à ce que les juridictions française, allemande et nordique manoeuvrent pour obtenir leur indépendance et à ce qu’ils tentent de rallier les juridictions néerlandaise et portugaise à cette cause. Mais concernant ce qui s’est passé en avril 1990 (référence à la procédure en civil contre l’Imperator Stewart) c’était plus une tentative désespérée pour essayer en dernier recours de dissimuler que j’avais découvert « accidentellement » une invraisemblable hémorragie de sommes versées en don à l’A.M.O.R.C. par certains de nos plus généreux bienfaiteurs, assortie d‘une magouille fiscale et de pots-de-vin versés à quelques officiers. Autrement dit, je décrouvais avec hébétude le détournement de millions de dollars. Si j’avais admis que ces fraudes se poursuivaient réellement, je serais allé immédiatement au F.B.I. Cependant, j’ai mis du temps à l’admettre. Je préfèrais penser qu’il s’agissait plutôt d’incompétence notoire.

8. Q — Imperator Stewart, vous avez déclaré plus haut que l’A.M.O.R.C. était considérée dorénavant comme une société et qu’elle avait dépensé 1,2 millions de dollars pour qu’il en soit ainsi. Est-ce que ceci n’a pas eu quelque conséquence sur la qualité de membre au sein de cette association et ne l’a-t-elle pas amené à redéfinir sa structure et son statut juridiques ?

R — La question « membre/non-membre » s’est fait jour suite à la procédure judiciaire initiée en 1990. Mais , comme vous devez le savoir, l’administration mit fin à la qualification d’association à but non lucratif en 1979 [Référence : anciens statuts de l’A.M.O.R.C., tels ceux de 1976] quand après avoir observé l’A.M.O.R.C. elle l’identifia comme étant un musée, et l’entrée de ce musée étant à l’époque gratuite, elle requalifia l’A.M.O.R.C. en association d’utilité publique afin de se conformer aux nouvelles législations. Il en informèrent l’A.M.O.R.C. par courrier non sans avoir précisé qu’il était possible de contester cette nouvelle donne dans la mesure où nous l’aurions estimée abusive. Piepenbrink reçut la lettre, se gratta le crâne, haussa les épaules et classa le courrier sans en informer quiconque. Quand j’ai rejoint le bureau en 1986, j’ai découvert la lettre et j’ai soulevé le lièvre, mettant en évidence que nous n’étions pas correctement répertoriés par l’administration IRS, et j’entamai une action pour y remédier. Du reste, quand se produisirent les événements de 1990, il était préférable, dans la perspective d’une procédure judiciaire, d’être considéré comme association d’utilité publique plutôt que comme une organisation traditionnelle dans la mesure où dans ce dernier cas, la fonction d’ « Imperator » eût signifié quelque chose [Réf. Statuts de l’A.M.O.R.C. 23/04/1990]. En tout cas, sur recommandation d’un conseiller juridique, ils voulaient s’assurer que la Cour constate que l’A.M.O.R.C. ne possédait aucun membre. A titre d’éclaircissement, la somme de 1,2 millions de dollars représente les fonds que nous avions transférés sur le compte de la Grande Loge des pays de langue française, argent qui devait être consacré à l’acquisition d’une propriété au Canada où nous projetions de bâtir un lieu de retraite.Ces 1,2 millions de dollars n’entraient que pour partie dans le financement de ce projet car Christian Bernard disposait d’autres ressources qu’il investissait parallèlement. Quant à savoir combien il a coûté exactement à Christian Bernard de dissoudre la Grande Loge Suprême et d’en établir une nouvelle sur ce domaine canadien, je n’en ai pas la moindre idée.

9. Q — Donc en substance, vous êtes en train de nous dire que selon l’IRS, l’A.M.O.R.C. était considérée n’avoir aucun membre et qu’elle était répertoriée depuis 1979 non plus comme organisation fraternelle, mais comme une société d’utilité publique ?

R — Tout à fait, mais il y a plus que cela. Aux yeux de l’I.R.S., l’A.M.O.R.C. était avant tout un musée en raison de quoi on lui attribua le statut 501 (c) 3 des associations d’utilité publique. Si la Grande Loge Suprême avait pris le temps d’étudier la lettre de l’administration et d’analyser les possibilités qu’offraient les différentes options de déclaration plutôt que de la classer sans suite, elle aurait fait corriger cette classification erronnée. Il n’y avait aucune volonté de la part de la Grande Loge Suprême d’aboutir à un tel classement inexact -il n’accordèrent simplement pas beaucoup d’attention à tout cela et probablement n’en saisissait pas tous les enjeux.

Par contre, dans la reclassification de 1990, il y eut une intention définie d’être classé comme une organisation d’utilité publique et une intention définie de stipuler qu’il n’y avait pas d’adhérents. En fait, avant la reclassification par Christian et consorts, la remise en question de l’existence de membres au sein de l’A.M.O.R.C. eût été incongrue dans la mesure où il apparaissait de façon flagrante dans les constitutions des Grandes Loges et de la Grande Loge Suprême que ces juridictions de l’A.M.O.R.C. comptaient bien des membres.

De plus, l’IRS ne se préoccupait guère de savoir si les effectifs des membres étaient de trois ou d’un million dans la mesure où cela n’avait aucune influence sur leur classification. Par contre, cela avait des conséquences quant au rapport qu’entretiennent ces membres avec les organes de prises de décision. En fait, nous avons travaillé de 1986 à 1990 à conformer de nouveau notre fonctionnement à celui d’un ordre fraternel, qui correspondrait au statut 501 (c) 10. Après 1990, l’A.M.O.R.C. « nouvelle mouture », quant à elle, a essayé d’exploiter l’erreur de classification pour obtenir le contrôle légal de l’association.

Mais franchement, à mon avis, le véritable objectif était en fait d’affaiblir la Grande Loge la plus puissantecelle des pays de langue anglaiseet mettre ses membres sous l’éteignoir [Réf : Anciens/Nouveaux statuts de l’A.M.O.R.C. 4/90]. A l’occasion d’une réunion de travail, le nouveau bureau a défini en 1991 les critères qui permettent la constitution d’une Grande Loge. Il fut décidé que ces paramètres tiendraient compte dorénavant du nombre des membres et non plus de la langue qu’ils parlent. Si ma mémoire m’est fidèle, je crois qu’ils décidèrent que tout pays comptant au moins 2000 membres pourrait prétendre devenir une Grande Loge. Ce qui est intéressant en fait c’est que cela ne s’est appliqué à l’évidence qu’à la juridiction anglaise qui se scinda alors en trois grandes loges : Nord Américaine, Britannique (incluant le Ghana et le Nigéria) et Australasienne. Ce qui était un et puissant est aujourd’hui affaibli par la division. Vous ne trouverez pas de semblable démembrement dans les juridictions française et autres…

10. Q — Est-ce que les membres, si tant est que ce terme soit désormais approprié, ont été informés de tout cela soit avant, soit après 1990 ?

R — Pas à ma connaissance. Après 1991, j’ignore si les adhérents ont été informés de cette question. Mais avant 1990, nous n’aurions su diffuser une telle information puisque le problème ne se posait pas. Même si l’A.M.O.R.C. a été enregistrée de façon abusive en 1979 parmi les association d’utilité publique, cela n’a pas été fait intentionnellement, et tout le monde savait que nous étions un Ordre fraternel dont ceux qui acquittaient la cotisation étaient membres à part entière.

11. Q — Revenons à l’incompétence notoire que vous aviez découverte et si vous le voulez poursuivez le récit des événement qui suivirent. 1) [Référence : jugement d’« incompétence notoire »] 2) [Référence : Projet d’une ouverture de compte en Andorre] 3) [Référence : Lettre de l’A.M.O.R.C. à ses nouveaux membres]. ?

R — Juste avant la réunion du bureau en 1990, Christian Bernard soumis la proposition suivante : que nous lui allouions une somme de 1,2 millions de dollars (ou une somme de cet ordre) pour qu’il puisse acheter la propriété du Québec, destinée officiellement à la contruction d’un lieu rosicrucien de retraite. Dans la mesure où les fonds qu’il réclamait étaient des sommes versées à la Grande Loge Suprême par la Grande Loge française, nous avons accepté. Jusqu’en 1990 (j’ignore ce que prévoit la législation française aujourd’hui) les citoyens et les associations françaises n’avaient pas le droit d’avoir de compte en Suisse. Malgré tout, l’A.M.O.R.C. maintenait un compte suisse où les membres helvétiques versaient leurs cotisations. Deux fois par an, la Grande Loge des pays de langue française devait nous envoyer leur rapport financier, et jamais le chapitre de ce compte ne fut crédité de plus de 20 000$, du moins était-ce ce qui était indiqué. Quoi qu’il en soit, c’était sur ce compte que nous étions supposés transférer l’argent évoqué, mais environ une heure après qu’il m’eut faxé le numéro de compte, Christian m’a rappelé pour me dire qu’il avait commis une erreur et communiqué un numéro incorrect. Nous avons transféré les fonds sur un nouveau numéro, qui après vérification, s’est avéré absent de notre liste de comptes A.M.O.R.C. En fait, le premier numéro qu’il nous avait envoyé était bien celui du compte A.M.O.R.C. Je crois que c’est deux jours plus tard que j’ai décidé de vérifier de quoi il retournait, après tout, personne en pleine possession de ses moyens n’en viendrait à commettre une erreur sur un numéro de compte en banque. Comme j’étais signataire du compte suisse A.M.O.R.C., et que les deux comptes étaient enregistrés dans la même banque, j’ai câblé à la banque une demande de solde pour les deux comptes. Ils répondirent que le compte A.M.O.R.C. était crédité de 4 millions de dollars, quand nous pensions qu’il n’y en avait que 20 000, mais ils ne purent me communiquer d’information à propos du second compte, celui où j’avais fait viré les 1,2 millions de dollars, dans la mesure où cela n’était pas un compte A.M.O.R.C. et que je n’en détenais pas la signature.

Visiblement, ils ont dû avertir Christian que j’enquêtais, car quelques jours plus tard, quand il a rejoint San José pour la réunion du bureau, il m'à rejoint dès son arrivée et s’est montré passablement contrarié par le fait que j’aie pu tenté « d’accéder » à son compte (en d’autres termes le bohnomme me confirmait que l’autre compte était le sien). Quoi qu’il en soit, je lui ai signalé que son compte et le compte de l’A.M.O.R.C. étaient illégaux et je lui ai donné un mois pour tout remettre en ordre. Peter Bindon était avec moi lorsque nous avons eu cette conversation. C’était le 18 mars 1990 et je savais que la brèche ne tarderait pas s’élargir. Ce que je n’ai appris que bien plus tard, c’est que Christian et Donna O’Neill ont passé cette semaine à San Francisco pour engager un cabinet juridique. Ce que je m’imaginais qu’il allait se passer c’était qu’au cours de la réunion des Grands Maîtres qui devait avoir lieu à Edimbourg, serait décidé d’élargir le bureau de la Grande Loge Suprême et qu’un ou deux Grands Maîtres en profiteraient pour soumettre une requête pour devenir indépendants, ce dont je ne me préoccupais guère puisque nous détenions les titres de propriété de tous les immeubles où étaient installés les différentes Grandes Loges. Je n’aurais eu aucun problème à les faire fléchir avec quelques ordonnances de destitution. [Référence : jugement « d’incompétence notoire »].

12. Q — On a raconté bien des choses à propos de la Principauté d’Andorre et de l’état de Pennsylvanie et des raisons qui vous ont poussé à y transférer de l’argent. Il semble qu’il s’agisse du motif ou en tout état de cause de la raison de la poursuite judiciaire. Imperator Stewart, pourriez-vous nous expliquer ce qu’il en était exactement et pourquoi cela était si important [aller à : Evénements ayant hâté l’accusation de détournement d’argent].

R — Bien sûr...Ce n’est pas très exact de dire que j’ai personnellement transféré de l’argent en Andorre. Il convient plutôt de dire que la Grande Loge Suprême a trasféré cet argent sur un compte de la Grande Loge Suprême en Andorre et que j’ai été l’officier qui a autorisé cette transaction particulière. La procédure de départ tentait de démontrer que j’avais agi de ma propre initiative, sans l’approbation ni décision du Bureau, et que j’avais tenté de détourné ces fonds. La vérité, c’est que ce transfert s’est effectué avec l’approbation de chaque membre du bureau qui en était dûment informé.Un transfert d’un compte A.M.O.R.C. à un autre ne nécessitait pas de motion du bureau. Cependant, si nous avions dû dépenser cet argent, un telle motion eût été requise mais en l’occurrence rien de cet argent n’était encore dépensé.

Quoi qu’il en soit, le compte d’Andorre était ouvert au nom de la « Gran Logia Suprema » (traduction espagnole de Suprême Grande Loge) et les titulaires en étaient les officiers de la Grande Loge Suprême. Le projet était qu’après que le compte eut été ouvert, la Grande Loge Suprême établisse une filiale en utilisant une partie de l’argent qui y aurait été déposé, pour un montant fixé par une décision du bureau, afin d’établir une Grande Loge des pays de langue espagnole en Espagne. L’avantage d’une implantation de la Grande Loge Hispannique en Espagne était qu’elle permettait d’améliorer l’administation des membres dans tous les pays de langue espagnole. Les accords commerciaux entre l’Espagne et l’Amérique du Sud auraient pu permettre d’expédier les monographies dans tous ces pays sans être astreint aux différentes taxes sans compter d’autres avantages comme ceux liés à l’imprimerie, etc. Nous aurions alors été à même de fixer le taux des cotisations en fonction des différentes économies nationales plutôt qu’à partir de la seule économie américaine.

L’avantage de disposer d’un compte dans une banque Andorréenne tenait au taux d’intérêt proposés et du fait qu’en Andorre il est possible de régler les transactions avec de nombreuses devises qui n’ont pas cours aux U.S.A. ou dans d’autres pays. Ainsi, il nous était impossible de collecter les cotisations de nos membres du Ghana en raisons des restrictions imposées par la législation monétaire de ce pays. Par contre, les accords bancaires contractés entre le Ghana et la Principauté d’Andorre auraient autorisé un échange en toute légalité. Bien sûr, j’ai simplifié quelque peu la situation, mais vous devez savoir qu’en 1990 l’Ordre comptait environ 300 comptes en banque un peu partout dans le monde, comme je suis sûr que c’est encore le cas aujourd’hui. Quotidiennement, nous transférions de l’argent entre ces différents comptes. Mais cette fois là, l’occasion était trop belle pour tenter un « coup d’état »…

En ce qui concerne la Pennsylvanie, nous avions à l’unanimité pris la décision de faire de Nelson Harrison notre consultant financier, à l’occasion de la réunion annuelle du Bureau de la Grande Loge Suprême en mars 1990. Nous l’avions déjà engagé à titre provisoire en février et il nous avait alors aidé à réorganiser nos finances. Par le biais de son agence-conseil (installée en Pennsylanie) nous négociions une révision du package pour nos membres incluant entre autres une assurance maladie, une offre de carte de crédit, etc. En avril, lorsque nous avons transféré les 3 millions de dollars en Principauté d’Andorre, nous avons transféré également 500 000 dollars qui représentaient des émoluments et le financement du projet. Sans que que je l’aie su à l’époque, en février, Burnam Schaa leur avait fait un versement de 250 000 dollars. Cela est important dans le contexte des poursuites judiciaires dans la mesure ou j’ai été accusé d’avoir effectué ce versement et ce n’est pas avant 1993, quand l’A.M.O.R.C. a été poursuivie pour fraude en assurance comme faisant suite à la poursuite judiciaire, que les documents démontrant que Burnam Schaa avait autorisé le transfert refirent surface. [Référence : INS Assurance re Négociations]. Or, lorsque on transfère des fonds de Californie en Europe, ceux-ci doivent demeurer une nuit entière dans une banque de la côte Est, pour des questions de décalage horaire, avant que le transfert ne soit effectif. Comme nous devions de toute manière transférer les 500 000 dollars en Pennsylvanie , nous décidâmes de faire transiter durant la nuit les 3 millions de dollars par le même compte.

13. Q — Imperator Stewart, Au point où nous en sommes, une question nous vient à l’esprit à laquelle nous vous serions reconnaissants de répondre : avez-vous été surpris lorsque on vous notifié votre assignation à comparaître ou bien vous doutiez-vous que vous feriez l’objet d’une poursuite judiciaire ?

R — "Ce fut une surprise ! J’étais sensé me rendre à Fresno pour le Vendredi Saint et y rester jusqu’à Pâques, ce que je n’ai pas fait. Je me suis rendu à mon travail ce matin là (le Parc de San José était fermé) et quelques minutes après que je sois arrivé le fax s’est mis à crépiter : c’était l’avoué de Christian Bernard qui m’informait de l’audition de l’après-midi. Ils prétendirent qu’ils avaient essayé de me contacter chez moi, etc. mais ce n’était pas vrai. Quoi qu’il en soit, ce qui arriva fut que je parvins à me trouver un avocat pour me représenter à l’audition et que la décision de m'imposer un "temporary restraining order" (meusure interdisant à titre conservatoire à une personne la fréquentation d'un lieu, d'un tiers, l'exercice d'une fonction, jusqu'à ce que le jugement définitif soit rendu) fut renvoyée au lundi suivant. Tout le monde fut surpris de ce qui se passa ce lundi. Ils obtinrent ce "temporary restraining order" parce que mes avocats ne se présentèrent pas. Je ne pense pas qu’ils aient jamais envisagé ni même ourdi le moindre plan pour m’évincer du « Parc ». Je pense qu’ils ne voulaient rien d’autre que créer la confusion avec ce chambard juridique afin d’en tirer profit. Mais non, je n’ai jamais eu la moindre connaissance d’une pousuite judiciaire et rien ne la laissait présager avant mon assignation à comparaître signifiée quatre heures avant l’audition. Toutefois, la procédure avait été préparée environ deux semaines avant qu’elle ne soit déclenchée, soit avant même que l’argent ne soit transféré en Andorre, même si tout le monde savait qu’il devait l’être.

14. Q — Si quelqu’un désirait pousser son investigation en la matière plus loin que ce que vous venez de déclarer, que lui conseilleriez-vous de faire d’autre que de se procurer de son côté les procès-verbaux du tribunal comme il l’a été fait ici ?

R — Dans ce cas particulier, je peux simplement vous donner ma propre version de l’histoire, mais j’encourage tout la monde à s’enquérir de celle des autres protagonistes si jamais ils y parviennent. Ceux qui sont suceptibles d’être au fait de cette histoire (en tant que témoins directs) sont pour l’A.M.O.R.C : Christian Bernard, Burnam Schaa, Wilhelm Raab, Irving Sunderland, Charles Parucker et Donna O’Neill. Toute autre personne ne peut vous communiquer qu’au mieux un témoignage « de seconde main », une version « autorisée » ou bien fondée sur des hypothèses toutes subjectives.

15. Q — Pourquoi rencontre-t-on tant de répugnance à aborder ce problème de la part de l’A.M.O.R.C. et pourquoi d’après vous tant d’inquiétude y est-elle attachée ?

R — Je pense que l’agressivité que vous et d’autres pouvez noter à l’A.M.O.R.C. est certainement liée, non pas tant à une volonté délibérée de leur part d’intimidation, qu’à la tentative d’un petit nombre de masquer leur propre ignorance ou leur crainte de ne pouvoir répondre de façon satisfaisante et exhaustive à ceux qui exigent des explications. Selon moi, les canons du mysticisme exigent qu’il soit répondu sans restriction à qui est suffisamment informé pour poser des questions. Cette réponse ne fait pas allusion à ce que l’A.M.O.R.C. rechigne à discuter de la poursuite judiciaire, mais plus généralement qu’elle répugne à répondre aux questions doctrinales que ses propres membres peuvent lui poser. Cette question a été soulevée par quelqu’un qui affirmait que beaucoup de personnes ressentaient les réponses qu’on apportait aux questions qu’elles avaient posées comme intimidatrices.

Concernant les réponses apportées par l’AMORC aux questions afférentes à la poursuite judiciaire, si je m’en rapporte à ce que j’en ai appris les quelques années passées, l’ignorance le dispute à la défiance. Il y a là un indéniable intention de désinformer. Ainsi, en 1992, Kristie Knutsen a envoyé une lettre addressée aux membres de sa juridiction où elle leur rapportait que, moins de cinq ans auparavant, la Grande Loge des Pays de Langue anglaise comptait 70 000 membres et que suite à la poursuite judiciaire elle en avait perdu la moitié. En fait, de 1980 à 1990 les effectifs des membres de la juridiction anglaise sont restés relativement stables, entre 34 à 36 mille. Il y eut une époque977-1978 si je me souviens bien où ces effectifs décollèrent littéralement pour atteindre les 70 000, mais cela coïncidait avec le succès rencontré par l’avénement du New-Age commercial. Ou encore, dans une autre lettre, Kristie Knutson écrivit qu’en mars (1992) l’A.M.O.R.C. me fit la proposition d’abandonner la contre-procédure que j’avais engagé à son encontre et que j’avais accepté sans émettre la moindre contestation. En fait, [Référence à : Lettre de Gary Lee Stewart du 29/06/1993] j’avais donné la consigne à mon avoué dès novembre 1991 de laisser tomber ma contre-procédure puisque je n’avais pas l’intention de la poursuivre, et le 7 janvier 1992 cette procédure fut donc abandonnée sur ma propre instigation [Référence : lettre aux nouveaux membres de l’A.M.O.R.C. en 1999]. De la même façon,Wilhelm Raab dans des lettres adressées aux membres de la hiérarchie de sa juridiction, déclarait que j’avais été reconnu coupable de 80 chefs criminels d’accusation et que j’avais à ce titre fait de la prison... Ce type de réponses n’est pas rédigé avec l’intention d’entretenir la crainte ni ne sont le résultat de l’ignorance mais renvoient plutôt à une volonté de s’assurer la sympathie et/ou de regonfler le moral des troupes par le biais de la désinformation.

Quoi qu’il en soit, tout rosicrucien se doit de chercher la vérité et pour ce faire, il doit pouvoir accéder, soit à une information impartiale, soit à plusieurs interprétations contradictoires qui lui permettront finalement de se forger une opinion en toute conscience. Il semble que nous sommes en présence d’une nouvelle génération de rosicruciens qui apprennent seulement maintenant ce qui est arrivé aux rosicruciens voilà huit ans, et, ce qu’on comprend aisément, ils exigent une information vérifiable. Votre site a au moins le mérite de leur fournir les documents légaux, les décisions de justice et des interviews qui les aideront à se forger leur opinion. Il a pour le moins une indéniable valeur historique, mais je pense que sa portée va bien au-delà. Les plus anciens le savent bien, mais on ne saurait trop insister sur ce point pour ce qui concerne ceux qui viennent de découvrir ces événements : il n’est pas si important de savoir quel camp choisira tel ou tel rosicrucien dans ce dilemme. Mais ce qui est important c’est qu’il comprenne les divers tenants et aboutissants de sorte qu’il puisse faire taire tous ses doutes, car notre Œuvre ne consiste pas à se chamailler mais consiste en une Quête spirituelle. Je ne peux parler que pour moi-même et qu’à l’aune de ma compréhension et de mes opinions. Avec un peu de chance, tous ceux qui me liront le comprendront. En dernière analyse, on mesure la valeur d’un individu non à ses paroles mais à ses actes.

16. Q — Certaines personnes considèrent la poursuite judiciaire et ses conséquences comme un coup monté. En diriez-vous autant ?

R — C’était bien ce que c’était. A la base il s’agissait pour les Grands Officiers européens de parvenir à ce que l'Ordre « retourne » en Europe. Pour certains d’entre eux il était inconcevable qu’un américain puisse être mystique, et encore moins Imperator. Voilà la raison pour laquelle la juridiction AMORC qui comptait le plus de membres fut scindée en trois juridicitions plus petites. Soit dit en passant cette opinion avait déjà cours à la fin des années 70, et pas plus tard qu’en 1982 Ralph pensait que les officiers européens pourraient fomenter un coup contre lui..Nous avions parlé de cette possibilité à plusieurs reprises et quand cette menace à semblé s'éloigner, j'ai estimé qu'il était bien plus important de faire ce qui était nécessaire que de jouer le machiavel de la spiritualité.

17. Q— Il semble qu’il existe des divergences d’interprétation du sens à accorder au titre d’imperator ainsi qu’il apparaît dans l’ordonnance du tribunal rendue à l’issue du procès. Pouvez-vous nous les expliquer ?

R — L’AMORC, au tribunal, a défini le terme Imperator comme étant une dénomination rosicrucienne officielle signifiant « président de société ». Ils rompaient ainsi avec les aspects traditionnels attachés à cette fonction et par la même occasion réduisait celui qui porte ce titre à un vulgaire homme de paille. De notre côté nous (OMCE & CR+C) maintenons en la matière la tradition originelle [Références : 1) minutes du procès, 2) coupures de journaux du 27/8/90, 3) coupures de journaux du 20/11/90] [Référence/Retour à : Lettre de l’AMORC à ses nouveaux membres : La cour tranchant en faveur de l’AMORC]

18. Q — Est-il vrai que qu’il y a eu refonte de l’A.M.O.R.C. en une nouvelle société ?

R — Oui et personne n’était informé, pas même la cour, que l’ancienne A.M.O.R.C. était dissoute et qu’une nouvelle avait été constituée au Canada en janvier 1991. Ce n’est pas avant mai 1993, quand la cour signifié à l’A.M.O.R.C. que le litige devait être maintenant tranché , que tout le monde découvrit le fin mot de l’histoire. La société en place actuellement à San José, la Grande Loge des pays de langue anglaise, a également été déclarée en janvier 1991.[Référence : articles de la Constitution de la Grande Loge des pays de langue anglaise enregistrée le 21/08/1990].

19. Q — Une question a été soulevée concernant les différences qui existent entre les monographies diffusées par la CR+C (Confraternité de la Rose+Croix) et celles diffusées par l’A.M.O.R.C. Pourriez-vous nous donner une idée de la nature de ces différences.

R— Pour ce qui concerne l’A.M.O.R.C., l’essentiel de l’édition des monographies originelles a pris place du début au milieu des années 30 lorsque l’A.M.O.R.C. commença à priviligier ses membres du sanctum sur ceux de ses organismes affiliés. Les monographies originelles (écrites de 1915 à 1924) étaient rédigées pour être lues à haute voix aux membres réunis dans des loges et n’étaient pas conçues pour être lues chez soi (les membres ne recevaient pas de copies des enseignements, seul le Maître de la Loge en recevait). La section des membres du Sanctum ne fut pas ouverte avant 1924 et encore, à titre expérimental. Cela prit environ dix ans pour supprimer la structure de fonctionnement par Loge et la remplacer par la section des membres du Sanctum.

Suite à cela, l’édition des monographie commença apparemment par adapter la formulation du texte des monographies à une lecture individuelle, pour soi, et non plus à une lecture magistrale du Maître de Loge. En d’autres termes, là où dans les monographies on trouvait : « Maintenant, le Maître de Loge doit inviter à débattre de ce point particulier… » on trouvait désormais : « Maintenant, vous devez reformuler dans votre propre langage ce que vous venez de lire et en prendre note… ». Malheureusement, ce travail de réécriture fut délégué à d’autres que Harvey Spencer Lewis, occupé quant à lui à l’écriture de nouvelles monographies. Ensuite ces modifications prirent des proportions telles, les éditeurs n’ayant pas fait leur cette maxime que « si ce n’est pas cassé, ne t’avise pas d’essayer de le réparer » et un rien d’arrogance s’étant instillé dans leur travail de réécriture, qu’il ne fallut pas attendre longtemps pour que les pensées de H.S.Lewis deviennent complètement obscures, voire qu’elles se trouvent contredites. Le CR+C [Confraternité de la Rose+Croix] utilise des monographies datant de 1915 à 1934 et vous seriez surpris de constater combien elles sont différentes de celles diffusées dès 1940.

20. Q — Après toutes ces batailles juridique et finalement le renvoi de toutes les charges que l’on vous imputait, détenez-vous légalement les droits des monographies originelles ?

R — Constitutionnellement et Traditionellement, les prérogatives de l’Impérator s’étendent à tout le domaine doctrinal et rituel. Tout ce que je peux posséder à ce titre appartient de plein droit à la charge qui est la mienne. C’est Ralph qui me l’a transmis et je le transmettrai à mon tour, le moment venu, à mon successeur. Vous devez garder à l’esprit que l’A.M.O.R.C. tel qu’il existe actuellement n’est pas l’A.M.O.R.C. d'avant 1990. Les monographies diffusées par cette association ne sont pas celles d’Harvey Spencer Lewis et furent préparées dès 1982 sous l’autorité de Christian et ont été copyrightées sous l’égide du nouvel A.M.O.R.C. Les droits qu’ils détiennent à cet égard ont été acquis après 1990 et nombreux sont les droits d’auteurs quand dépit de leurs déclarations ils ne possèdent pas. Les monographies qui appartiennent exclusivement aux domaines doctrinal et rituel sont à ce titre l’apanage de l’Imperator. Mais rappelez-vous que je ne diffuse pas les mêmes monographies que l’A.M.O.R.C. qui n’ont été diffusées qu’après 1990 [Référence : Lettre de Kristie Knutson 5/92, Partie 19].

Les droits des monographies rédigées par le Dr. Lewis et de celles écrites plus tard par Ralph Lewis n’ont jamais été rétrocédés à la Grand Loge Suprême parce qu’elles étaient supposées rester la propriété de l’Imperator qui en assume la responsabilité. Autrement dit, elle se transmettent d’Imperator à Imperator ainsi que le veut la Tradition. C’est probablement la raison pour laquelle, à la différence de Christian Bernard, je diffuse les monographies originelles. Aujourd’hui, Christian a dû faire copyrighter ses propres monographies au nom de la Grande Loge Suprême sachant qu’en France les droits d’auteur sont la propriété de l’institution qui publie et non de l’auteur. Quand à savoir s’il l’a effectivement fait et pourquoi, je ne peux pas vous le dire…

21. Q — Pourquoi alors les monographies de l’A.M.O.R.C. stipulent-elles toujours que cette association en détient le copyright et qu'elles doivent impérativement être retournées au siège de l’Ordre au cas où l’un de ses membres interrompt son affiliation ?

R — Je présume que les nouvelles monographies le font parce que… les anciennes le faisaient. Mais dans la mesure où l’A.M.O.R.C. actuel est enregistré sous la catégorie 501 (c) 3 des associations d’utilité publique, comme organisation qui se propose d’informer le public de ce qu’est le rosicrucianisme, il n’y a plus aucun moyen d'empêcher qui que ce soit de conserver ses monographies après avoir démissionné de l’Ordre. S’ils s’étaient déclarés sous la rubrique 501 (c) 10 comme un Ordre fraternel, il leur serait possible de faire respecter cette obligation. Mais ils en ont décidé autrement, et j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas décider de s’enregistrer comme Ordre fraternel comme le permet l’IRS. »

22. Q — Après la procédure de 1990 et finalement le renvoi le 10 août 1993 de la plainte déposée contre vous, n’avez-vous pas, toujours fort de votre titre d’Impérator, rejoint les rangs du groupe Ancient Rosae Crucis désigné par les initiales A.R.C., et pourquoi ?

R — Je ne me suis jamais réellement associé à l’A.R.C. Cette association avait été formée essentiellement pour fournir leurs monographies à ceux des membres de l’A.M.O.R.C. qui avaient démissionné de cette organisation en raison des événements de 1990. Ensuite, cette structure s’est de sa propre initiative muée en Ordre et on m’a demandé d’en être l’Imperator. J’étais prêt à accepter sous réserve que l’A.R.C. se plie à un certaint nombre de critères. Aucun de ces critères ne fut jamais respecté et lorsque les époux Paul Walden et Ashley McFadden mirent à exécution leur plan pour s’emparer du pouvoir, j’en ai conclu qu’ils n’en feraient jamais qu’à leur tête et donc je les ai quittés pour démarrer la CR+C connue aujourd’hui comme la Confraternité de la Rose+Croix.

23. Q — Qu’avaient donc projeté M. Walden et Mrs. McFadden pour que vous décidiez de les quitter ?

R — Paul et Ashley projetèrent de s’assurer le contrôle de la majorité du bureau de l’A.R.C. (pour l’anecdote je n’ai jamais été l’un des membres de ce bureau) et accusèrent deux membres d’être déloyaux envers l’A.R.C. Paul convoqua alors une assemblée extraordinaire du bureau qui devait se tenir au même moment qu’une autre de l’O.M.C.E. à Philadelphie et arguant du fait que ces deux membres évoqués plus haut ne s’étaient pas présentés, on décida de les exclure du bureau de l’A.R.C. Toutefois, cette manoeuvre ne tourna pas à leur avantage. L’A.R.C. perdit près de 180 membres suite à cette manigance, sur les quelques 200 qu’il comptait auparavant. Comme je l’ai dit, je n’ai jamais été véritablement affilié à l’A.R.C. J’étais d’accord pour travailler avec eux et les soutenir le temps qu’ils soient à même d’établir des conditions garantissant les mêmes privilèges à tout affilié, quelque soit sa nationalité et sans autre discrimination. En fait, l’A.R.C. voulait être exclusivement américain et principalement chrétien.

24. Q — Corrigez-moi si je me trompe, mais doit-on comprendre que l’A.R.C. diffuse aujourd’hui les monographies originelles d’Harvey Spencer Lewis ?

R— L’A.R.C. ne diffuse pas les monographies originelles d’H.S. Lewis. Ils utilisent un pot-pourri de monographies éditées par l’A.M.O.R.C. de 1950 aux années 80 - mais la plupart du temps il s’agit de celles imprimées par l’A.M.O.R.C. de 1975 à 1980. Près de cent personnes aidaient à saisir le texte des monographies sur l’ordinateur d’Ashley, dont un certain nombre participent aujourd’hui au « Rosicrucian Free Speech Forum » [Note du traducteur : il s’agit d’un forum rosicrucien de discussion animé par LindaSantucci, webmestre de ce présent site « AMORC 1990 REORGANIZATION].

25. Q — Ce dont nous aimerions entendre parler maintenant c’est de l’épilogue canadien de cette histoire et ce qu’il est advenu de ce projet de « lieu de retraite » qui avait été soumis.

R — Je n’en sais pas grand chose dans la mesure où l’acquisition de la propriété, etc., s’est passée après que la procédure judiciaire eut commencé. D’après ce que je peux savoir, ce lieu de retraite existe encore. En été de l’année 1990 un membre canadien francophone m’a contacté et envoyé une copie de l’acte notarié de propriété, mais je n’ai plus ce document en ma possession. D’après ce document qui me fut envoyé, c’est une société (qui n’était pas l’A.M.O.R.C.) qui s’était portée acquéreuse de la propriété, société qui était contrôlée par Christian, sa femme et une tierce personne qui résidait au Québec. Quand j’ai pris connaissance de ce document je me rappelle avoir pensé que certains étaient en train de se bâtir leur petit empire. J’ai trouvé qu’il était un peu paradoxal d’avoir été celui accusé de détournement de fonds.

26. Q — Après près de trois ans d’audiences et l’intervention de tant d’avocats qui a démarché l’autre pour obtenir une conciliation et pourquoi ?

R — C’est l’avoué de l’A.M.O.R.C. qui en a pris l’initiative [Référence : lettre du 27/5/1993 de l’avocat Peteros]. Quant à savoir pourquoi, il semble que ce soit parce que la cour a demandé à l’AMORC de porter l’affaire devant les tribunaux ou bien de renoncer parce qu’ils voulaient en finir une bonne fois pour toute. Mais il semble qu’il y ait plus que cela. Un mois avant que j’aie été contacté par l’avocat de l’A.M.O.R.C. pour trouver un règlement amiable, une autre société juridique (Wallace B. Adams de San Francisco) qui représentait les intérêts de l’une des compagnies d’assurance de l’A.M.O.R.C. m’affrêta un avion pour San Francisco où on m’interrogea durant trois jours. D’après ce que j’ai pu comprendre, ils envisageaient de déposer une plainte contre l’A.M.O.R.C. pour fraude à l’assurance dans le cadre d'une affaire liée directement au procès qui m’était intenté par l’A.M.O.R.C. [Référence : lettre du 27/5/1993 de l’avocat Peteros]. Pour faire un résumé de ce qui est une longue histoire, la société juridique décida de déposer plainte contre l’A.M.O.R.C., fit enregistrer les premières pièces (elles sont accessibles car du domaine public) et peu de temps après, tout s’arrêta soudainement. Je ne connais pas le détail des arrangements contractés entre l’A.M.O.R.C et sa compagnie d’assurance, mais ce que je sais c’est que l’A.M.O.R.C. a dû payer pour que la plainte soit abandonnée.

27. Q — Est-ce-qu’à un quelconque moment la Cour aurait fait la remarque qu’il n’y avait aucun motif à poursuivre cette procédure ou en d’autres termes que la procédure était sans fondement, et pourquoi ?

R — Je ne me rappelle pas qu’une telle remarque ait été jamais été prononcée par la Cour, et si jamais elle l’a été ce n’a pas été en ma présence. Mais je ne pense pas que la Cour se soit soucié un seul instant de savoir si la poursuite était maintenue ou abandonnée. La seule chose qui les préoccupait était de pouvoir libérer leur bureau qu’elle encombrait depuis trois ans et où elle collectait la poussière (en ce qui concerne la Cour, il y a eu une intense activité parmi les juristes durant toute la durée de la procédure). Concernant un avis stipulant « une carence de charges ne permettant pas la poursuite de la procédure », c’est ce qu’en fait signifie le jugement de « rejet avec préjudice » (dismissal with prejudice), c’est-à-dire que l’affaire ne pourra jamais plus être portée devant les tribunaux. Ce n’est pas la Cour qui a pris cette décision, elle n’a fait que l’enregistrer d’un coup de tampon. Le « rejet avec préjudice » a été conclu suite à une transaction des partis, et en dépit que chacun ait pu continuer ou non à penser que l’autre était coupable, nous avons décidé de ne plus jamais porter cette affaire en justice. Quand à savoir si la suite était ou non sans fondement, oui elle l’était, mais vous ne pouvez pas vraiment dire que la Cour a rendu un tel verdict. Quoi qu’il en soit, elle était complètement dénuée de fondement et d’après moi c’est pour cela que l’A.M.O.R.C. n’a jamais porté l’affaire devant les tribunaux et n’a jamais vraiment envisagé de le faire. Pourquoi cette plainte était-elle dénuée de fondement ? tout simplement parce que je n’ai jamais rien commis des faits dont j’étais accusé. Personnellement, je pense que le type de plainte déposée contre moi le laisse apparaître clairement : il s’agissait d’une plainte au civil et non pas criminelle.

28. Q — Imperator Stewart, la rumeur a circulé que l’A.M.O.R.C. aurait convoqué en 1993 « un conseil interne de révision » pour dresser le bilan de la situation ; que la conclusion à laquelle ils sont parvenus, c’est qu’ils devaient bien s’avouer, à l’abri des oreilles indiscrètes, que les accusations portées contre vous, l’Impérator, étaient dénuées de fondement et qu’eux, le Bureau, vous avaient injustement exclu. Pourriez-vous s’il-vous-plaît commenter cette allégation ?

R — Je suis à peu près sûr que ce que vous avez entendu était une rumeur, mais dans la mesure où je n’étais plus partie prenante dans l’A.M.O.R.C. à cette époque, je ne peux pas affirmer avec une absolue certitude qu’un tel « conseil en révision » n’a pas été convoqué. Quoi qu’il en soit, si c’est le cas, c’est la première fois que j’en entends parler. Je suis prêt à mettre ma main à couper que le bruit d’un tel conseil qui a circulé à cette époque dérive de la réunion qu’ont eu les dirigeants de l’A.M.O.R.C.avec leurs avocats en raison de ce qui était les derniers événements. La Cour avait fixé la date du procès au mois de Juin 1993 ; La compagnie d’assurance préparait une action en réparation de fraude à l’assurance ; je suis persuadé que les avocats de l’A.M.O.R.C. sont venus les voir pour leur dire que mon accusation était sans fondement, et qu’un arrangement avec tous les partis concernés était la meilleure option. Mais qu’ils puissent s’être réunis dans le but de déterminer s’ils m’avaient exclu à juste titre, ce n’est que mon humble avis, mais je n’en crois rien. Ils savaient déjà que leurs accusations étaient sans fondement, du moins en ce qui concerne Christian qui s’était fait un devoir de me dire la veille de l’enregistrement de la plainte (le Jeudi 12 avril 1990) que ni lui ni aucun Grand Maître ne pensaient que j’étais coupable du moindre méfait.Quand il m’a dit cela, les histoires du détournement et autres, n’étaient pas d’actualité et je n’ai pas compris pourquoi il me disait cela. Pour finir, il me semble donc un peu aberrant qu’ils aient convoqué un tel conseil pour une question dont ils connaissaient déjà la réponse.

29. Q — Imperator Stewart, pouvez-vous nous dire quelque chose au sujet de la cérémonie d’installation de Christian Bernard ?

R — Je ne sais rien de très précis de cette cérémonie si ce n’est que celle qui a été utilisée n’est pas celle écrite par Ralph Lewis. Pourquoi Christian a-t-il décidé de ne pas utiliser le rituel de Ralph Lewis ? Voilà ce que j’ignore. Concernant le rituel utilisé pour installer Christian, je me suis laissé dire par un des administrateurs de la Grande Loge Suprême, qui assume encore cette responsabilité, que Christian Bernard avait demandé à Martin Mueller (un rosicrucien allemand réputé qui est le successeur d’Emile Dantinneplus connu sous le nom de Sar Hieronymus) de diriger cette installation. Je me suis également laissé dire que M. Mueller avait refusé. Mais, comme je l’ai dit, je n’ai pas moi-même pu vérifier ces affirmations, je ne peux que m’appuyer sur ce qu’on m’a rapporté.

En dépit de cela, je suis fondé à penser (si j’en crois toujours la même source que celle citée plus haut) que la cérémonie d’installation qui finalement fut organisée pour l’installation de Christian a été écrite par le Grand Maître pour les pays de langue germanique, Wilhelm Raab. D’après ce que je peux comprendre, cette cérémonie a été rédigée par Wilhelm, mais on doit noter que Wilhelm Raab a subi une attaque cardiaque à l’époque de l’installation, et que, par suite, il n’a pu conduire la cérémonie. On m’a dit que c’était Irving Sunderland qui l’avait remplacé pour la cérémonie d’installation de Christian.

30. Q — Est-ce vrai que vous, Imperator Stewart, vous avez excommunié tous les membres du conseil d’administration le 12 avril 1990 ?

R — C’est complètement faux. Si ma mémoire ne me trahit pas, les membres du bureau m’ont d’ailleurs exclu plus tard dans la journée, ou le jour suivant. Ce que j’ai plutôt essayé de faire ce jour-là c’est d’abroger la décision prise plus tôt dans la journée d’étendre le Conseil d’Administration à tous les Grands Maîtres et de revenir à la composition classique de cinq membres du bureau. Je ne voulais pas les démettre de leur fonction de Grand Maître ni de leur qualité de membre - ce qu’aurait signifié une excommunication - mais seulement de leur fonction de membres du Conseil d’administration. J’avais cependant mis fin à l’emploi de Burnam Schaa et de Warren Russef, sans les avoir excommuniés pour autant. D’après le statuts, un membre de la Grande Loge Suprême devait aussi être un membre de l’A.M.O.R.C. de bonne réputation. Les aurais-je excommuniés, et mis fin par là-même à leur affiliation, qu’ils n’auraient plus pu être membre du Conseil d’Administration. On m’a dit que cela serait porté devant les tribunaux. De toute façon j’ai décidé de n’en rien faire car j’ai estimé qu’une telle action marquerait un abus de pouvoir de ma part dans la mesure où mon intention n’était pas de retirer la qualité de membre à qui que ce soit ni sa fonction de Grand Maître. Autrement dit, je ne voulais pas exercer mon pouvoir pour servir des convenances personnelles...

31. Q — Imperator Stewart, le mois dernier (Novembre 1998) à l’occasion d’un forum durant la Convention de l’A.M.O.R.C. au Brésil, le Grand Maître Charles Parucker a dit que l’une des raisons pour laquelle le Conseil d’Administration vous avait exclu, était que vous vouliez qu’un néophyte se charge de la direction de la Grand Loge Espagnole, et que le Conseil s’est refusé à cette décision. Pouvez-vous s'il-vous-plait commenter cette allégation et l’éclaircir davantage pour chacun d’entre-nous ?

R — Pour autant que je sache, les raisons pour lesquelles ils ont proposé mon éviction furent exposées dans la plainte déposée auprès de la Cour Supérieure de San José en Californie, et tiennent à de supposés détournements et à des accusations connexes. Même si j’ai appris, après que j’eus nommé le nouveau Grand Maître et que sa nomination eut été unanimement entérinée par les membres du Bureau, qu’il y avait quelques contestations de mon choix parmi certains des Grands Maîtres, je ne pense pas que ce problème ait été la raison de mon éviction, une excuse à la rigueur, mais pas la raison. Je pense que l’explication invoquée par Charles est plus une tentative de justifier des actions passées qu’autre chose, du fait que toutes les accusations qui avaient pu être portées à la connaissance de la Cour ont été rejetées.

Quoi qu’il en soit, pour répondre aux déclarations de Charles, la personne à qui il fait référence et qu’il accuse d’avoir été un néophyte à cette époque est le Dr. Antonio de Nicholas. Antonio était titulaire d’une chaire de philosophie à l’Université Stonybrook de New-York, avant de renoncer à ce poste pour mettre ses compétences au service de l’A.M.O.R.C.

A cette époque, il avait déjà consacré trente ans à arpenter le chemin de la spiritualité et avait publié pas moins de 17 livres sur divers sujets incluant les pratiques et disciplines spirituelles, la philosophie et la poésie. Même s’il n’était membre de l’A.M.O.R.C. que depuis tout juste un an lorsque je l’ai nommé Grand Maître de la Grande Loge des Pays de Langue Espagnole, on peut difficilement prétendre qu’il était un néophyte dans quelque domaine hormis la durée de ses cotisations à l’A.M.O.R.C. Il était versé dans le rosicrucianisme - historiquement, philosophiquement, mystiquement et en pratique - même si son expérience du rosicrucianisme n’était pas le fruit de l’A.M.O.R.C. ni d’une autre organisation rosicrucienne connue. Mais ni Raymund Andrea ni les autres Grands Maîtres des premières heures de l’A.M.O.R.C. ne pouvaient eux-mêmes justifier d’une telle expérience quand ils furent nommés à leur fonction. C’est dire que lorsque H. Spencer Lewis nomma Andrea, Grand Maître pour l’Angleterre, on aurait pu très bien démontrer qu’il était également un néophyte puisqu’il avait été fait membre en même temps que Grand Maître. Contrairement à ce que Charles (Parucker) et peut-être d’autres dirigeants de l’A.M.O.R.C. pourraient penser, les critères qui président au choix d’un responsable se fondent sur la valeur de l’expérience et les compétences et non pas uniquement le nombre d’années pendant lesquelles cette personne a payé ses cotisations.

De la même manière, vous remarquerez que le Dr. Lewis lui-même fut nommé Grand Maître pratiquement le même jour où il devint rosicrucien - et ce en raison de ses compétences.

Comme je l’ai déclaré plus haut, contrairement à l’affirmation de Charles Parucker comme quoi le bureau de l’A.M.O.R.C. désapprouvait ma nomination d’Antonio de Nicholas comme Grand Maître de la Grande Loge Espagnole, ils l’ont pourtant vraiment approuvée et je suppose que s’il pensait que cela était important au point d’oser une telle déclaration, il se serait consciencieusement attaché à donner plus de détails et d’éclaircissements quant à ce qu’il voulait dire et au contexte dans lequel il parlait. Peut-être Charles ne reconnaît-il pas la légitimité du précédent Bureau de l’A.M.O.R.C. qui a existé de 1915 à avril 1990 et qui fut toujours constitué de cinq membres, mais peu importe qu’il le reconnaisse ou non, c’est ce bureau qui a approuvé ma nomination. J’ai nommé Antonio Grand Maître au début du mois de mars de l’année 1990 et à notre réunion annuelle du bureau de la Grande Loge Suprême qui chaque année se tenait aux alentours de la Fête de la Nouvelle Année Rosicrucienne, mon choix fut unanimement approuvé par les membres du bureau qui à cette époque se composait de moi-même, Christian Bernard (qui était également Grand Maître), Peter Bindon, Warren Russef et Burnam Schaa. Chacun d’entre-eux approuva cette nomination sans jamais émettre l’ombre d’une objection ou afficher la moindre inquiétude.

Par conséquent prétendre que le bureau ait contesté ma décision et que cela fut une des raisons de mon éviction est tout simplement inexact. Par contre, certains des Grands Maîtres (à l’exception notable de Christian Bernard qui était déjà membre du bureau où il avait voté en faveur d’Antonio) ne voulait pas d’Antonio comme Grand Maître comme je le découvris après coup lors de la réunion annuelle des Grands Maîtres qui se tint à Edinburgh au début du mois d’avril. Wilhelm Raab fut le plus disert sur ce sujet.

Néanmoins, lorsque nous avons ajourné la réunion d’Edimbourg en faveur d’une réunion exceptionnelle de la Grande Loge Suprême à San José, la question de la nomination d’Antonio a été abordée lors de la réunion exceptionnelle du bureau qui faisait suite à son élargissement à tous les Grands Maîtres et ceux-ci proposèrent une motion de destitution d’Antonio de sa fonction de Grand Maître qui fut entérinée. Mais je ne pense pas que la véritable raison de leur volonté de le voir évincé tenait à son statut de « néophyte ».En fait, je pense que les raisons réelles étaient au contraire liées à leur jalousie (voire leur crainte) des talents et de l’expérience d’Antonio. Antonio parle plusieurs langues dont le latin dans lequel la plupart des premiers textes rosicruciens ont été écrits, c’est un professeur de philosophie, très versé dans les disciplines spirituelles, doué pour les affaires, etc..En d’autres termes, il était assurément (et est encore) plus que compétent et apte à devenir Grand Maître.

En tout état de cause, comme on peut le constater, il y a beaucoup à raconter sur ce qui s’est passé, et il est du devoir de chaque rosicrucien qui s’intéresse à ce sujet, quelle que puisse être son affiliation, de chercher l’avis et les points de vue de tous les protagonistes.

32. Q — Qu’est-il advenu du Dr. Nicholas ? A-t-il rejoint les rangs du CR+C, ou est-il resté à l’A.M.O.R.C. ?

R — Il a été exclu de l’A.M.O.R.C. et convoqué comme accusé dans le cadre de la plainte qu’ils déposèrent, la même que celle où j’étais impliquée. Actuellement, il est à nos côtés au CR+C et je le reconnais toujours comme Grand Maître, même si cette fonction n’a pas cours à l’heure actuelle dans notre organisation.

33. Q — On a pas parfois parlé d'une lettre que vous auriez rédigée et où vous nommiez votre successeur à la fonction d'Imperator alors que vous étiez associé à l'A.R.C. (Ancient Rosae Crucis) —Si une telle information est fondée, pourriez vous nous expliquez ce que cette lettre prévoyait en matière de succession à la charge d'Imperator ?

R "Ralph Lewis m'avait conseillé de toujours laisser des instructions pour le cas où je devrais connaître un mort prématurée. Au fil des ans, Ralph avait lui-même rédigé une série de lettres à cet effet, toute nouvelle lettre annulant les dispositions de la précédentes ; quand je suis devenu Imperator en 1987, j'ai aussitôt adopté la même pratique. Paul Walden était le seconde personne que j'avais désignée de la sorte, et dans le même courrier, j'avais précisé qu'en cas où il refuserait de me succéder après ma mort prématurée, il pourrait choisir soit Ashley ou encore trois ou quatre autres individus qui me paraissaient qualifiés. A cette époque, ma préférence allait à Ashley, mais j'ai noté que dans la copie que Walden a diffusée, et à laquelle vous faites allusion, les autres noms que j'avais retenus ont été caviardés.

Mais ceci de toutes façons n'a pas grand intérêt dans la mesure où le 1er décembre 1994, devant témoinset soit plus d'un an avant le schisme d'avec l'A.R.C.j'ai désigné d'autres successeurs dans une lettre qui annulait celle où j'avais désigné Paul et Ashley. Cette décision était on ne peu plus réfléchie et répondait à la nécessité de les connaître un peu mieux, et à ma découverte que Paul était "d'une franchise relative" quant à ses réalisations. Mais, en dehors de toutes ces considérations, ma lettre n'avait de valeur et de sens que dans le cas d'une mort prématuréeà l'instar de celles de Ralph LewisIl s'agit en quelque sorte d'un testament, dont il ne viendrait à l'idée de personne de penser que les dispositioons puissent être exécutées avant la mort de son rédacteur, autrement dit pour mon cas qu'on nomme mon successeur alors que je suis toujours vivant.

Je suggère à ceux qui espèreraient démontrer que j'ai renoncé à ma fonction d'Imperator, en se basant pour ce faire sur une lettre destinée à exprimer mes dernières volontés en cas de mort prématurée, de s'associer, tant qu'ils y sont, à ceux qui prétendent que je n'ai jamais été Imperator...

34. Q — Les lettres qui ont été diffusées par Paul Walden de l'A.R.C., et supposées écrites de votre main, contenaient-elles leur texte intégral, sans modifications ni transformations ? Ou certaines de leurs parties étaient-elles "contrefaites" ?

R Walden a diffusé des copies de cette lettre auprès d'un certain nombre de personnes, voilà quelques années, afin qu'elles lui confirment si ses actions étaient ou non justifiées. Naturellement, plusieurs de ces personnes m'ont envoyé une copie de ces courriers qui leur avaient été envoyés, où, plus intéressant, Walden avait également pris l'initiative de censurer certains paragraphes qu'il savait aller à l'encontre des buts qu'il poursuivait. Par un heureux hasard, la(es) lettre(s)à laquelle vous faites référence est une de ces copies censurées.

Cette interview pourra être complété si d'éventuelles nouvelles questions nous sont soumises.

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© Linda S. Santucci * 1998-2000

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